Iraq : les attaques commises contre les Yézidis constituent un génocide, soulignent des enquêteurs de l’ONU

10 mai 2021

Le chef de l'équipe d'enquête des Nations Unies chargée d’amener Daech/Etat islamique en Iraq et au Levant à répondre de ses crimes (UNITAD), a affirmé, lundi, devant les membres du Conseil de sécurité, disposer des preuves du crime de génocide contre les Yézidis.

 

Grâce à ses enquêtes criminelles indépendantes, l'UNITAD a établi « des preuves claires et convaincantes que le génocide avait été commis par l'EIIL contre les Yézidis en tant que groupe religieux », a dit son chef, le Conseiller spécial, Karim Khan, devant les membres du Conseil.

Selon M. Khan, les éléments de preuve recueillis par son équipe avaient également confirmé que l’EIIL était responsable d’actes d’extermination, de meurtre, de viol, de torture, d’esclavage, de persécution et d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés contre les Yézidis.

Le Conseiller spécial s’est également exprimé sur les enquêtes portant sur les exécutions massives d’élèves et de membres du personnel à prédominance chiite de l'Académie de l'air de Tikrit, également connue sous le nom de Camp Speicher. M. Khan a confirmé au Conseil que son équipe « avait identifié des preuves vidéo étayant le crime d'incitation directe et publique, de commettre un génocide contre les musulmans chiites ».

Le récit des vidéos glorifiant les images horribles de ces exécutions de masse contient une exhortation répétée et claire aux adeptes de l'EIIL : « Tuez-les où que vous les trouviez ». Le Conseiller spécial a également informé le Conseil que, sur la base des éléments de preuve recueillis, l’UNITAD avait conclu que ces attaques constituaient des crimes de guerre tels que des meurtres, des actes de tortures, des traitements cruels et des atteintes à la dignité de la personne.

Une autre d'enquête sur la mise au point et le déploiement d'armes chimiques par l'EIIL en Iraq a progressé rapidement, selon l’UNITAD. Les preuves recueillies ont confirmé la mise en œuvre d'un programme d'armes chimiques dans les laboratoires de l'Université de Mossoul contrôlés par l'EIIL en 2014.

Ces activités avaient initialement conduit à la militarisation du chlore provenant des usines de traitement des eaux et par la suite au développement de composés mortels toxiques, notamment le thallium et la nicotine qui ont été testés sur des prisonniers vivants, conduisant à la mort. En 2016, un système de production de moutarde au soufre a été déployé par l'EIIL au moyen du tir de 40 roquettes sur la ville turkmène chiite de Taza Khurmatu.

M. Khan a souligné que l'expansion rapide des fonds de preuve de l'UNITAD, combinée à l'utilisation de technologies de pointe, notamment des outils d'intelligence artificielle pour analyser les informations collectées, avait permis des progrès significatifs dans la mise en œuvre du mandat de l'équipe d’enquêteurs. L'exploitation des ordinateurs portables et des téléphones portables de l'EIIL a permis une analyse approfondie des documents administratifs internes de l'organisation terroriste, ce qui a permis à l'équipe d’enquêteurs de compiler des chronologies d'activité concernant les principales personnes d'intérêt.

Pour ce qui est de l'avenir, M. Khan, qui quittera son poste pour devenir Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a noté que les progrès accomplis dans les travaux de son équipe d’enquêteurs à ce jour avaient ouvert la voie à la poursuite des membres de l'EIIL pour crimes internationaux en Iraq. Le Conseiller spécial a souligné que son rapport fixait un calendrier qui permettrait la tenue de procès contre membres de l'EIIL à commencer l’année prochaine.

 

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