Réduire les émissions de méthane de 45% permet d'éviter une hausse de la température mondiale (ONU)

6 mai 2021

Les émissions de méthane liées à l'activité humaine peuvent être réduites de 45% au cours de cette décennie, ce qui permettrait de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, conformément à l'Accord de Paris sur le climat, indique un rapport soutenu par l'ONU et publié jeudi. 

L'Évaluation mondiale du méthane souligne les avantages de l'atténuation du méthane, un ingrédient clé du « smog », dont la prévention de quelques 260.000 décès prématurés et 775.000 visites à l'hôpital liées à l'asthme chaque année, ainsi que 25 millions de tonnes de pertes de récoltes. 

L'étude est l'œuvre de la Coalition pour le climat et l'air pur (CCAC), un partenariat mondial de gouvernements et de partenaires non-étatiques, ainsi que du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). 

Le levier le plus puissant 

« La réduction du méthane est le levier le plus puissant dont nous disposons pour ralentir le changement climatique au cours des 25 prochaines années et complète les efforts nécessaires pour réduire le dioxyde de carbone », a déclaré la Directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, ajoutant que « les avantages pour la société, les économies et l'environnement sont nombreux et dépassent largement le coût ».

Le méthane est un gaz à effet de serre extrêmement puissant, qui est responsable d'environ 30% du réchauffement depuis l'ère préindustrielle. 

La plupart des émissions de méthane d'origine humaine proviennent de trois secteurs : les combustibles fossiles, tels que le traitement du pétrole et du gaz ; les décharges et les déchets ; et l'agriculture, principalement liée au bétail. 

Des émissions en constante augmentation 

Le rapport souligne l'urgence d'une action internationale, car les émissions de méthane d'origine humaine augmentent plus rapidement que jamais depuis le début des relevés dans les années 1980. 

Même si la pandémie de Covid-19 a provoqué un ralentissement économique en 2020, empêchant une nouvelle année record pour les émissions de dioxyde de carbone (CO2), les données de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis montrent que la quantité de méthane dans l'atmosphère a atteint des niveaux record l'année dernière. 

La bonne nouvelle 

Contrairement au CO2 qui reste dans l'atmosphère pendant des siècles, le méthane se décompose rapidement et disparaît en grande partie au bout d'une décennie, ce qui signifie qu'il est possible de réduire rapidement le taux de réchauffement de la planète à court terme. 

Le méthane représente près d'un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon Rick Duke, Conseiller principal de John Kerry, l'Envoyé spécial du président américain pour le changement climatique.  

« Les États-Unis sont déterminés à réduire les émissions de méthane, tant au niveau national que mondial, par des mesures telles que la recherche et le développement, des normes de contrôle du méthane fossile et de décharge et des incitations à lutter contre le méthane agricole », a-t-il déclaré.
 

Des actions efficaces et rentables aideront à réduire les émissions de carbone noir , de méthane et d'ozone.
PNUE
Des actions efficaces et rentables aideront à réduire les émissions de carbone noir , de méthane et d'ozone.

Des solutions facilement disponibles 

L'évaluation identifie des solutions facilement disponibles qui permettraient de réduire les émissions de méthane de 30% d'ici à 2030, principalement dans le secteur des combustibles fossiles.  La plupart, environ 60%, sont peu coûteuses et la moitié ont un « coût négatif », ce qui signifie que les entreprises gagneront de l'argent en prenant des mesures.  

Selon le rapport, le « potentiel d'atténuation » varie selon les pays et les régions. Par exemple, alors que le potentiel le plus important en Europe et en Inde se situe dans le secteur des déchets, en Chine il provient de la production de charbon et de l'élevage, tandis qu'en Afrique il provient de l'élevage suivi du pétrole et du gaz.  

« Mais les mesures ciblées ne suffisent pas », ont averti les partenaires ajoutant que des mesures supplémentaires « comme le passage aux énergies renouvelables, l'efficacité énergétique résidentielle et commerciale, et la réduction des pertes et des déchets alimentaires » pourraient réduire les émissions de méthane de 15% supplémentaires d'ici 2030. 

« Des mesures urgentes devaient être prises pour réduire les émissions de méthane au cours de cette décennie », a déclaré Drew Shindell, professeur de sciences du climat à l'université Duke aux États-Unis, qui a présidé l'évaluation pour le CCPA.

« Pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, nous devons réduire les émissions de méthane tout en réduisant d'urgence les émissions de dioxyde de carbone », a déclaré M. Shindell. 

« La bonne nouvelle, c'est que la plupart des actions requises apportent non seulement des avantages climatiques, mais aussi des avantages sanitaires et financiers, et que toutes les technologies nécessaires sont déjà disponibles », s’est-il félicité.

 

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