L’ONU attristée par le naufrage meurtrier d'un navire transportant des migrants et réfugiés au large du Venezuela

Des migrants en provenance du Venezuela arrivent à Cucuta, en Colombie.
© UNICEF/Santiago Arcos
Des migrants en provenance du Venezuela arrivent à Cucuta, en Colombie.

L’ONU attristée par le naufrage meurtrier d'un navire transportant des migrants et réfugiés au large du Venezuela

Migrants et réfugiés

Au moins deux personnes ont trouvé la mort et 15 autres Vénézuéliens sont toujours portés disparus à la suite du naufrage d’un navire entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago, ont affirmé lundi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué.

« Selon les autorités locales, au moins 24 personnes, dont plusieurs enfants, se trouvaient à bord du bateau qui se dirigeait vers la nation caribéenne de Trinité-et-Tobago », ont indiqué les deux agences onusiennes, qui se disent profondément attristées par la perte d’au moins deux vies après le chavirement d’un bateau au large des côtes du Venezuela le jeudi 22 avril.

Sept personnes ont été secourues par des navires commerciaux vénézuéliens. Et deux corps ont été retrouvés jusqu’à présent. Mais les opérations de sauvetage se poursuivent « pour trouver d’autres survivants parmi les 15 Vénézuéliens qui sont toujours portés disparus selon les autorités ».

« Les eaux des Caraïbes continuent de coûter la vie de Vénézuéliens », a déclaré Eduardo Stein, Représentant spécial conjoint du HCR et de l’OIM pour les réfugiés et les migrants vénézuéliens.

« Alors que les conditions dans le pays continuent à se détériorer - toutes aggravées par la pandémie de Covid-19 - les gens continuent à entreprendre des voyages qui mettent leur vie en danger », a-t-il ajouté.

« Les naufrages et les morts tragiques aux frontières sont évitables » - Eduardo Stein

Ce drame du 22 avril dernier est le dernier en date de plusieurs incidents impliquant le chavirement de bateaux transportant des réfugiés et des migrants vénézuéliens vers des îles des Caraïbes. Le plus récent a été signalé près de la ville vénézuélienne de Guiria en décembre dernier et qui avait fait au moins quatorze morts.

Les frontières terrestres et maritimes étant toujours fermées pour limiter la transmission du coronavirus, ces voyages s’effectuent principalement par des voies irrégulières. Ce qui accroît les dangers ainsi que les risques pour la santé et la protection.

« Les naufrages, les morts tragiques aux frontières et les souffrances supplémentaires sont évitables, mais seulement si une action internationale immédiate et concertée est mobilisée pour trouver des solutions pragmatiques qui placent la sauvegarde des vies et la protection des droits de l’homme au premier plan de toute réponse », a fait valoir M. Stein.

Pour ces deux agences onusiennes basées à Genève, cette dernière tragédie dans les Caraïbes souligne donc « le besoin de voies d’accès sûres ». « L’établissement de voies régulières et sûres, notamment par le biais de visas humanitaires et du regroupement familial, ainsi que la mise en œuvre de systèmes d’entrée sensibles à la protection et de mécanismes d’accueil adéquats, peuvent prévenir l’utilisation d’itinéraires irréguliers, le trafic et la traite », a insisté M. Stein.

Il y a plus de 5 millions de réfugiés et de migrants vénézuéliens dans le monde, dont 200.000 seraient accueillis dans les Caraïbes.