Une visualisation des données révèle l’impact du changement climatique sur les déplacements de population (HCR)

22 avril 2021

Une nouvelle visualisation des données du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) montre comment l’urgence climatique converge avec d’autres menaces pour provoquer de nouveaux déplacements et accroître la vulnérabilité des personnes déjà contraintes de fuir.

Publié ce jeudi à l’occasion de la Journée de la Terre nourricière, ce document explore la façon dont les catastrophes liées au changement climatique peuvent aggraver la pauvreté ou l’insécurité alimentaire. Intitulée « Déplacés en première ligne du changement climatique », cette visualisation des données décrypte également comment l’accès aux ressources naturelles pourrait alimenter l’instabilité et la violence.

« Nous devons investir dès maintenant dans la préparation afin d’atténuer les besoins de protection futurs et d’empêcher de nouveaux déplacements dus au climat », avait d’ailleurs alerté au début de l’année, le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi.

« Attendre que la catastrophe frappe n’est pas une option », avait-il ajouté. D’autant plus que les effets du changement climatique se font sentir dans le monde entier. Mais les pays qui sont déjà aux prises avec des conflits, la pauvreté et des niveaux élevés de déplacement sont confrontés à certains des effets les plus graves.

Des groupes armés exploitant les tensions pour l’accès à l’eau au Burkina Faso

De l’Afghanistan à l’Amérique centrale, mais aussi au Sahel, les sécheresses, les inondations et autres phénomènes météorologiques extrêmes frappent les populations qui sont « le moins bien équipées pour se rétablir et s’adapter ». Et la visualisation fournit ainsi des exemples géographiques sur l’impact du climat ou même de l’insécurité.

C’est le cas du Burkina Faso où « certaines des pires violences et déplacements ont eu lieu dans les zones les plus pauvres et les plus touchées par la sécheresse ». Dans cette partie du Sahel central, « des groupes armés ont exploité les tensions pour l’accès aux sources d’eau qui s’amenuisent et aux terres arables qui se réduisent ».

En Afrique australe, le Mozambique connaît une confluence similaire de conflits et de catastrophes multiples. Les cyclones se succèdent dans la région centrale du pays tandis que « la violence et les troubles croissants dans le nord déplacent des centaines de milliers de personnes ».

En Asie, c’est en Afghanistan, où les sécheresses et les inondations récurrentes, combinées à des décennies de conflits et de déplacements, ont rendu « des millions de personnes vulnérables à la faim cette année ».

Des réfugiés rohingyas exposés aux cyclones et inondations

Au Bangladesh aussi, plus de 870.000 réfugiés rohingyas qui ont fui les violences au Myanmar sont désormais exposés à des cyclones et des inondations de plus en plus fréquents et intenses. Pour l’agence onusienne basée à Genève, cela montre que de nombreux pays parmi les plus exposés aux effets du changement climatique accueillent déjà un grand nombre de réfugiés et de déplacés internes.

Face à cette nouvelle donne, le HCR s’efforce de réduire les risques que les événements climatiques extrêmes font courir aux réfugiés et aux personnes déplacées internes. L’agence onusienne appelle les Etats à prendre « des mesures urgentes et collectives pour lutter contre le changement climatique ».

Le but est d’atténuer ses impacts sur la vie et les moyens de subsistance de centaines de millions de personnes dans le monde. « Nous exhortons également les États à renforcer leur protection et leur assistance aux personnes déplacées par les catastrophes et les effets du changement climatique », conclut le HCR.

 

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