Covid-19 : l’OMS alerte sur les dangers d’une distribution inéquitable des vaccins

21 avril 2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est encore alarmée, mercredi, des risques sanitaires posés par les cadences différentes observées dans les campagnes de vaccination entre les pays riches et ceux en développement. 

« L’accès et la distribution actuels inégaux et inéquitables des vaccins contre la Covid-19 exacerbent les inégalités mondiales, ce qui, associé à l’émergence des variants, risque de prolonger la pandémie », a averti l’OMS dans son dernier bulletin épidémiologique. Et selon les organismes humanitaires, environ une personne sur quatre dans les pays à revenu élevé a reçu un vaccin anti-coronavirus, contre seulement une personne sur plus de 500 dans les pays en développement.

A la date du mardi 20 avril 2021, 843.158.196 de doses de vaccins contre la Covid-19 ont été administrées dans près de 200 pays et territoires. Mais selon l’OMS, près de 90% de ces doses sont allées à des pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire supérieur, tandis que les pays en développement n’en ont reçu que 0,2%. A ce sujet, 24 économies (dont 12 de la région africaine et sept de la région du Pacifique occidental de l’OMS) n’ont pas encore commencé la vaccination.

« L’objectif du COVAX étant de couvrir 20% à 30% de la population avec une seule dose de vaccin d’ici la fin de l’année, et compte tenu du fait que la proportion de la population ayant une immunité acquise par l’infection est probablement inférieure à 25%, une grande partie de la population mondiale est encore susceptible d’être infectée », a mis en garde l’agence sanitaire onusienne.

40 millions de doses expédiées dans 118 pays grâce au COVAX

COVAX, le « pilier » vaccins du dispositif visant à accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19 (Accélérateur ACT), est codirigé par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’Alliance du vaccin (Gavi) et l’OMS. Il s’agit d’une initiative mondiale regroupant des gouvernements et des fabricants pour assurer la disponibilité des vaccins dans tout le monde entier.

La première livraison internationale de doses de vaccins soutenue par le COVAX a commencé le 24 février dernier au Ghana. Et lors du dernier décompte établi lundi dernier par Gavi, plus de 40 millions de doses ont été expédiées dans 118 pays sur six continents.

L’objectif est de protéger les travailleurs de première ligne et les personnes les plus exposées. « Chaque dose livrée et chaque vaccin administré est un pas de plus vers un accès équitable et un monde protégé », a d’ailleurs relevé Gavi.

A la date du 12 avril 2021, quatre vaccins ont été approuvés pour être inscrit sur la liste d’utilisation d’urgence de l’OMS : celui développé par Pfizer/BioNTech, deux version de celui d’AstraZeneca/Oxford (l’un produit par le Serum Institute of India et l’autre par SKBio) et celui de Johnson & Johnson (Janssen).

Par ailleurs, le bulletin épidémiologique de l’OMS attire l’attention sur la problématique de l’efficacité du vaccin dans le temps. Selon l’agence onusienne, le degré et la durée de l’immunité conférée par l’infection naturelle, la vaccination par la Covid-19 ou la combinaison des deux font encore l’objet de recherches. En attendant, « certaines études suggèrent que les personnes vaccinées peuvent encore transmettre l’infection par le SRAS-CoV2 à des contacts sensibles », a indiqué l’OMS.

Une acceptation des vaccins « généralement élevée » dans le monde

« Bien que notre compréhension du virus SRAS-CoV-2 et de la réponse immunitaire complexe qu’il déclenche ne cesse de croître, de nombreuses inconnues subsistent », ajoute l’OMS, relevant notamment l’efficacité de la vaccination pour réduire la transmission, la durée de l’immunité, le rôle des enfants dans la transmission, ainsi que la fréquence et la nature de l’état post-Covid-19 (« Covid-long »).

Plus généralement, l’émergence des variants introduit « d’autres inconnues telles que le potentiel d’échappement immunitaire et la manière dont ces changements dans le virus affectent l’épidémiologie mondiale ».

Par ailleurs, le bulletin épidémiologique a fait le point sur l’acceptation des vaccins dans le monde. Bien que celle-ci reste « généralement élevée », des variations entre pays ont été observées pour une multitude de raisons. L’OMS pointe ainsi du doigt l’exposition à « des informations erronées ainsi que l’attitude des professionnels de la santé locaux, qui peuvent jouer un rôle important dans l’établissement ou la perte de confiance dans les vaccins ».

 

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