Émirats arabes unis : des experts demandent des assurances sur le sort de la princesse Latifa

20 avril 2021

Des experts indépendants des droits de l'homme de l'ONU ont demandé mardi que les Émirats arabes unis fournissent « des informations significatives » sur le sort de Sheikha Latifa Mohammed Al Maktoum, ainsi que des assurances concernant sa sécurité et son bien-être « sans délai ».

Sheikha Latifa, la fille de l'émir de Dubaï et Premier ministre des Émirats arabes unis, Mohammed bin Rashid Al Maktoum, aurait été enlevée alors qu'elle tentait de fuir le pays en 2018. En février, des images ont été diffusées qui l'auraient montrée privée de liberté contre son gré.

Les experts indépendants en matière de droits, dont la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, se sont inquiétés du fait que, depuis la vidéo de février et la demande officielle ultérieure d'informations supplémentaires sur sa situation « aucune information concrète n'a été fournie par les autorités ».

« La déclaration des autorités émiriennes indiquant simplement qu'elle était « prise en charge à son domicile » n'est pas suffisante à ce stade », ont-ils ajouté.

Les experts des droits de l'homme se sont également déclarés préoccupés par les allégations de violations des droits humains à l'encontre de Sheikha Latifa et de la possible menace qui pèse sur sa vie.

Des preuves de son bien-être sont requises de toute urgence

Selon les informations reçues, Sheikha Latifa est toujours privée de liberté, sans accès au monde extérieur, ont ajouté les experts, notant que « son maintien au secret peut avoir des conséquences physiques et psychologiques néfastes et peut s'apparenter à un traitement cruel, inhumain ou dégradant ».

« Des preuves de vie et des assurances concernant son bien-être sont requises de toute urgence », ont insisté les experts des droits de l'homme, appelant à une vérification indépendante des conditions dans lesquelles Sheikha Latifa est détenue et à sa libération immédiate.

Les experts sont : 
Tae-Ung Baik (Président-Rapporteur), Henrikas Mickevičius, (Vice-président), Aua Balde, Bernard Duhaime et Luciano Hazan, du  Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants; Morris Tidball-Binz, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; Elizabeth Broderick (Présidente), Melissa Upreti (Vice-Présidente), Dorothy Estrada Tanck, Ivana Radačić et Meskerem Geset Techane, du Groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles; et Dubravka Simonovic, Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences. 

NOTE : 

Les Rapporteurs spéciaux et les groupes de travail font partie de ce qu’on appelle les Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d’enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spécifiques, soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne reçoivent pas de salaire. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel. 

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.