Au Mozambique, les personnes qui fuient Palma sont traumatisées par les violences dont elles ont été témoins

9 avril 2021

Les Nations Unies et leurs partenaires suivent avec une profonde inquiétude les informations faisant état d’attaques contre des civils dans le nord du Mozambique où des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par les violences.

Citant des informations faisant état d'atrocités commises par des enfants soldats, de décapitations présumées lors d'attaques par des groupes armés non-étatiques et d'affrontements dans la région de Cabo Delgado, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré jeudi lors d’un point de presse que même si la vérification des informations était extrêmement difficile, l’ONU « est préoccupée par la situation des civils qui ont fui les violences et celles de ceux qui sont restés à Palma ».

La ville côtière de Palma située juste au sud de la frontière avec la Tanzanie a été envahie par des militants extrémistes le 24 mars, mais il y a trois jours, l'armée mozambicaine a annoncé avoir repris le contrôle.

Selon le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les attaques à Palma et dans ses environs ont déraciné de nombreuses personnes qui s'y étaient réfugiées après avoir fui le conflit dans d'autres parties de la province de Cabo Delgado.

Près de 700.000 personnes ont été déplacées dans le nord du Mozambique depuis le début des violences en octobre 2017. Parmi elles, quelques 160.000 femmes et adolescentes ainsi que 19.000 femmes enceintes, la grande majorité d'entre elles dépendant de familles d'accueil, dont les maigres ressources sont épuisées.

Le porte-parole de l'ONU a déclaré que près de 12.800 personnes, dont 43% d'enfants, sont arrivées dans les districts de Nangade, Mueda, Montepuez et Pemba depuis que les violences ont éclaté à Palma. « On s'attend à ce que beaucoup d'autres soient encore en déplacement en quête de sécurité et d'assistance », a-t-il ajouté.

© WFP/Grant Lee Neuenburg
La ville de Palma (sur cette photo) est l'épicentre de l'insécurité dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique.

Intensification de la réponse humanitaire

Les partenaires humanitaires au Mozambique aident les personnes déplacées et intensifient la réponse humanitaire en cours dans la province de Cabo Delgado. « Jusqu'à présent, en 2021, plus de 500.000 personnes dans la province ont reçu une aide humanitaire », a-t-il déclaré.

La ville de Pemba et d'autres lieux accueillant un grand nombre de personnes déplacées par les violences à Palma sont dépassés par leur capacité à fournir des services de base aux personnes fuyant les violences et aux communautés d'accueil. A Pemba, un centre de transit établi par le gouvernement mozambicain avec l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de leurs partenaires accueille des centaines de personnes déplacées.

« Les équipes de l'OIM aident les survivants qui continuent d'arriver dans des zones plus sûres de Cabo Delgado suite à leur douloureuse expérience de fuite des attaques », a déclaré Laura Tomm-Bonde, cheffe de mission de l'OIM au Mozambique.

Parallèlement au conflit à Cabo Delgado, au cours des premiers mois de 2021 et avant les attaques à Palma, la communauté humanitaire au Mozambique était déjà fortement sollicitée par de multiples urgences climatiques. Pourtant, l'appel de fonds humanitaire pour la crise actuelle n'est actuellement financé qu'à hauteur de 1%. « Davantage de ressources sont immédiatement nécessaires pour répondre aux besoins des personnes fuyant les violences à Palma », a souligné le porte-parole de l'ONU. « Les Nations Unies appellent toutes les parties au conflit à Cabo Delgado à protéger les civils ».

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré que ses équipes à Pemba avaient pris connaissance d’informations inquiétantes selon lesquelles plus de 1.000 personnes déplacées n’avaient pas été autorisées à traverser la frontière tanzanienne. Le HCR a appelé les voisins du Mozambique à accorder l’asile et l’accès à leur territoire aux personnes fuyant la violence.

« Une catastrophe humanitaire au-delà des proportions épiques » 

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a déclaré que la détérioration de la situation sécuritaire avait entraîné la suspension des vols d'évacuation et compliqué l’acheminement de l’aide alimentaire des agences de l’ONU. « Il s'agit d'une catastrophe humanitaire au-delà des proportions épiques », a déclaré, mardi, Antonella D'Aprile, représentante du PAM au Mozambique.

Le PAM a averti que la faim augmentait à Palma, certaines personnes ayant fui la ville et étant arrivés à Pemba ont affirmé qu'ils n'avaient pas mangé depuis des semaines.

« Les personnes qui fuient Palma sont complètement traumatisées par la violence dont elles ont été témoins ces derniers jours, et maintenant, plus que jamais, elles ont besoin de notre aide », a déclaré Mme D'Aprile. « Notre priorité est de sauver des vies et de faire en sorte que l'aide d'urgence atteigne ceux qui en ont le plus besoin ».

 

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