50e anniversaire du Congrès des Roms : l'heure est à la célébration mais les menaces persistent

8 avril 2021

À l'occasion du 50e anniversaire du premier congrès de l'Union internationale des Roms, le Secrétaire général de l’ONU a salué jeudi ce « jour important dans l'histoire du peuple rom, qui célèbre l'adoption du drapeau rom et de l'hymne Djelem Djelem, ainsi que la date de naissance du mouvement rom. 

« La situation préoccupante des droits humains des Roms dans le monde entier est depuis longtemps un sujet de grande préoccupation pour les Nations Unies », a affirmé António Guterres.

« Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et d'autres organes ont accordé une attention particulière à la protection et à la promotion des droits des Roms, reconnaissant que les Roms sont confrontés, depuis des siècles, à la discrimination, au rejet, à l'exclusion sociale et à la marginalisation dans le monde entier et dans tous les domaines de la vie », a souligné M. Guterres.

Le chef de l’ONU a affirmé que l’Organisation était « fermement déterminée à collaborer avec la société civile rom et d'autres partenaires pour renforcer la protection des droits de l'homme et des libertés ».  

« Nous sommes à vos côtés et aux côtés de toutes les femmes roms, des Roms LGBTI, des Roms issus de communautés religieuses minoritaires, et de tous les Roms qui luttent contre les multiples formes de discrimination, notamment les stéréotypes et les discours de haine », a-t-il précisé, ajoutant « nous continuerons à nous élever contre l'antitsiganisme et à soutenir les efforts visant à garantir la véritable inclusion des Roms dans les sociétés du monde entier ».  

Une haine en ligne qui engendre la violence hors ligne 

« Si cet anniversaire peut donner lieu à des célébrations, l'augmentation des discours de haine ciblant de manière disproportionnée les Sinti et les Roms dans les médias sociaux montre qu'il est urgent de se concentrer davantage et de prendre des mesures pour contrôler ces formes de discours de haine en ligne qui violent les obligations internationales en matière de droits de l'homme et peuvent conduire à des violences contre les Sinti, les Roms et d'autres minorités », a pour sa part déclaré le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités, Fernand de Varennes. 

Le Rapporteur spécial a regretté que « peu de choses semblent avoir changé depuis l'année dernière, lorsque nous avons réfléchi à la prévalence des discours de haine à l'encontre des minorités, en particulier des Roms, à la fois en ligne et dans les médias grand public, y compris la désignation des Roms comme boucs émissaires pour la propagation du virus Covid ». 

« Les autorités publiques qui ne se contentent pas de tolérer ce vitriol, mais y prennent activement part, peuvent contribuer aux menaces pour la santé publique et inciter à des dommages inutiles et futurs », a dénoncé l'expert.

Selon lui, les Roms sont victimes d'agressions physiques liées au vitriol et à la désignation de boucs émissaires dont ils font de plus en plus l'objet en raison de la haine, du sectarisme et de l'intolérance à l'égard des minorités qui sont devenus presque normalisés, voire politisés dans certains pays.

« La haine en ligne engendre la violence hors ligne », a dit M. de Varennes, citant son rapport 2020 sur le discours de haine, les médias sociaux et les minorités, qui met exergue les « incidents survenus en Europe où la haine des groupes d'extrême droite contre les Roms exprimée sur les médias sociaux a conduit à des violences et à des meurtres ».

Le défenseur des droits des minorité a invité États à donner instamment la priorité au renforcement des mesures de lutte contre les préjugés, les discours de haine et la discrimination à l'égard des Roms, ainsi qu'aux moyens de les mettre en œuvre et les contrôler. 

Il a également invité les États, les organisations de la société civile et les minorités roms de toutes les régions du monde « à participer aux forums régionaux de cette année qui portent sur les minorités et la prévention des conflits et qui peuvent être déclenchés à la suite d'un discours de haine ».

 

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