Haïti : le Conseil de sécurité de l'ONU demande la tenue des élections en 2021

24 mars 2021

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a demandé, mercredi, que les élections législatives et présidentielle soient organisées en Haïti.

Dans une déclaration commune, les 15 membres du Conseil de sécurité se sont déclarés profondément préoccupés par la situation actuelle en Haïti. Le pays des Caraïbes est toujours plongé dans une crise politique, constitutionnelle, humanitaire et sécuritaire. Les membres du Conseil ont rappelé au gouvernement haïtien qu’il lui appartient au premier chef de répondre à l’instabilité qui frappe le pays et tenir des élections.

« La volonté démocratique du peuple haïtien doit être respectée », a déclaré le Conseil, qui a réaffirmé la nécessité urgente de tenir des élections législatives qui se sont fait attendre en Haïti depuis octobre 2019 et qui ont été repoussées à septembre 2021. Il a également instamment demandé que tout soit fait pour organiser un scrutin présidentiel également prévu cette année en septembre. A ce titre, la sécurité, la transparence et la logistique des processus électoraux à venir en Haïti doivent être garanties, a insisté l’organe onusien chargé de la paix et de la sécurité internationales.

Les membres du Conseil ont exhorté tous les acteurs politiques à mettre de côté leurs divergences « dans l'intérêt du peuple haïtien », à « s'engager de manière constructive » pour permettre la tenue des prochaines élections, et à faire en sorte que ces scrutins se déroulent dans un environnement pacifique. Ils ont, par ailleurs, insisté sur la participation de tous les Haïtiens - femmes, jeunes, personnes handicapées et société civile - dans les processus politiques.

Le Conseil de sécurité a aussi souligné l’importance d’un pouvoir judiciaire indépendant en Haïti, et la nécessité de renforcer l'Etat de droit. Il a exhorté le gouvernement haïtien à intensifier ses efforts dans la lutte contre la corruption.

Lutte contre la criminalité et les violations des droits de l’homme

Pour le Conseil, les autorités haïtiennes doivent démontrer leur engagement à s’attaquer à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays en apportant une « réponse immédiate et coordonnée » aux activités criminelles liées aux gangs ainsi qu’à l'augmentation des enlèvements, des homicides et des viols.

Les membres du Conseil ont appelé à fournir de ressources adéquates à la Police nationale haïtienne (PNH), à l'adoption d'une stratégie durable à long terme pour s'attaquer aux causes profondes de la violence et à des mesures concrètes pour lutter contre la violence en cours.

Les violations et abus des droits de l’homme sont également dans la liste des préoccupations du Conseil de sécurité concernant Haïti. Ces violations et abus comprennent l’utilisation présumée de la force meurtrière contre des manifestants, ainsi que des arrestations et des détentions arbitraires. Le Conseil a appelé le gouvernement haïtien à respecter la liberté d'expression et la liberté d'association, et l'Inspecteur général de la PNH à mener une enquête approfondie sur ces incidents.

Le Conseil de sécurité a souligné qu’il est urgent de rendre des comptes pour les violations et abus des droits de l’homme et demande au gouvernement haïtien de prendre des mesures immédiates pour mettre fin à l’impunité des responsables, notant en particulier les exactions présumées rapportées à Grand Ravine en 2017, à La Saline en 2018 et à Bel-Air en 2019 ainsi que l'assassinat du président du barreau de Port-au-Prince, Monferrier Dorval en 2020. Il a également exhorté le gouvernement haïtien à mettre fin à la pratique de la détention provisoire prolongée.

 

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