Myanmar : le chef de l’ONU condamne la persistance de la violence brutale exercée par l’armée

19 mars 2021

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné fermement vendredi la persistance de la « violence brutale » exercée par l’armée au Myanmar contre des manifestants pacifiques alors que le nombre de morts augmente.

« Le meurtre de manifestants pacifiques et les arrestations arbitraires, y compris de journalistes, est tout à fait inacceptable », a réitéré le chef de l'ONU, dans un communiqué publié par son porte-parole.

« L'armée continue de défier les appels, y compris du Conseil de sécurité, à mettre fin aux violations des droits humains fondamentaux et à revenir sur la voie de la démocratie. Une réponse internationale ferme et unifiée est nécessaire de toute urgence », a ajouté le porte-parole, qui a précisé que le Secrétaire général continuerait de se tenir aux côtés de la population birmane et de ses aspirations à réaliser « un Myanmar pacifique, stable et prospère ».

Selon l'UNICEF, les forces de sécurité au Myanmar auraient occupé des écoles et des campus universitaires. Sur cette photo, une école dans la campagne (photo d'archives).
Photo OCHA/Eva Modvig
Selon l'UNICEF, les forces de sécurité au Myanmar auraient occupé des écoles et des campus universitaires. Sur cette photo, une école dans la campagne (photo d'archives).

Occupation d’écoles par l’armée

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a indiqué de son côté que les forces de sécurité birmanes auraient occupé plus de 60 écoles et campus universitaires à travers le pays, marquant une nouvelle escalade de la crise. 

Lors d’au moins un incident, les forces de sécurité auraient battu deux enseignants en entrant dans les locaux, et auraient blessé plusieurs autres personnes, a indiqué l'agence onusienne dans un communiqué conjoint avec l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et l'ONG Save the Children.

« Ces incidents marquent une nouvelle escalade de la crise actuelle et représentent une grave violation des droits des enfants. Les écoles ne doivent en aucun cas être utilisées par les forces de sécurité », ont souligné ces agences.

Elles ont averti que l'occupation d’écoles aggraverait la crise d'apprentissage pour près de 12 millions d'enfants et de jeunes au Myanmar, dans un contexte de fermetures d’écoles en raison de la pandémie de Covid-19.

L’UNICEF, l’UNESCO et Save the Children ont exhorté les forces de sécurité à « évacuer immédiatement les locaux occupés » et à veiller à ce qu'ils ne soient pas utilisés par le personnel militaire ou de sécurité.

Elles ont également rappelé aux forces de sécurité leur obligation de faire respecter le droit de tous les enfants et jeunes du Myanmar à l'éducation, tels que consacrés dans la Convention relative aux droits de l'enfant, la loi sur les droits de l'enfant du Myanmar et la loi sur l'éducation nationale.

Elles les ont appelées « à faire preuve de la plus grande retenue et à mettre fin à toutes les formes d'occupation et d'ingérence dans les établissements d'enseignement », ont-elles ajouté.

Intensification des manifestations

Les manifestations dans tout le Myanmar n'ont cessé de s'intensifier depuis la prise de pouvoir par l’armée le 1er février et les arrestations de plusieurs dirigeants et élus clés, dont la Conseillère d'État Aung San Suu Kyi et le Président Win Myint.

La répression contre les manifestants pacifiques s'est également intensifiée, avec au moins 121 personnes tuées depuis vendredi dernier. Des centaines d'autres ont été blessés et plus de 2.400 personnes, dont des centaines d'enfants, ont été arrêtées depuis le début du coup d'État le mois dernier.

Les violences perpétrées par les forces fidèles à la junte militaire ont également eu un impact sur les programmes de secours pour près d'un million de personnes ayant besoin d'assistance.

Selon les organisations humanitaires dans le pays, les opérations d'assistance ont été perturbées par la prise de pouvoir par l’armée et les efforts pour reprendre des programmes critiques ont été entravés par des difficultés de communication, de transport et de chaînes d'approvisionnement, ainsi que par des pénuries de liquidités pour les opérations.

 

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