Accélérer la participation des femmes à la vie publique pour le bénéfice de tous

17 mars 2021

La cheffe des droits de l’homme de l'ONU, Michelle Bachelet, a déclaré mardi, lors de 65e session de la Commission de la condition de la femme, que donner aux femmes et aux filles les moyens de participer pleinement à la vie publique est à la fois la chose bonne et intelligente à faire.

« S'exprimer et contribuer à la prise de décision est le droit de tout être humain - les femmes, autant que les hommes », a déclaré la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet lors de cette session à laquelle a également participé la Vice-Présidente américaine Kamala Harris. « C'est aussi un levier puissant pour une meilleure politique - pour tous ».

Elle a cité des preuves démontrant de manière concluante que là où les femmes sont bien représentées au sein d’un gouvernement, il y a plus d'investissement dans la protection sociale et une meilleure focalisation sur la justice climatique.

En outre, leur participation aux pourparlers de paix est liée à des solutions plus durables, tandis que les femmes à la tête du secteur privé conduisent à de meilleures performances commerciales sur de nombreux paramètres.
La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a noté qu’au cours de la pandémie de Covid-19, les pays dirigés par des femmes avaient adopté des politiques saines basées sur l’expertise scientifique pour le bien de la population, au lieu de se contenter « de petites phrases » dans un contexte de tensions politiques.

La participation des femmes en politique progresse lentement

Mais elle a noté que « la représentation égale des femmes dans la vie politique ne progresse que très lentement ». Au rythme actuel, la parité entre les sexes dans les législatures nationales ne sera pas atteinte avant 2063, et le nombre de femmes à la tête d’un gouvernement ne sera pas égal à celui des hommes avant 2150.

La Haut-Commissaire a encouragé tous les dirigeants à désigner 50% de femmes dans leurs cabinets, à assurer une plus grande diversité et une plus grande inclusion et à recourir à des mesures temporaires spéciales pour, entre autres, recruter et former des femmes candidates et cibler les femmes à des postes dans la politique et le gouvernement.

Mme Bachelet a souligné la nécessité de travailler avec des femmes qui luttent pour l'égalité et la justice sociale, dont beaucoup sont de jeunes militantes opérant dans des espaces civiques restreints « patrouillés par des voyous ».

Elle a plaidé pour un financement plus flexible, un meilleur soutien et un environnement propice où les femmes peuvent s'impliquer sans restriction indue ni crainte de représailles.

Et il faut « investir davantage pour prévenir la violence contre les femmes dans la vie publique », a-t-elle dit. « En tant que femme ayant occupé et occupant un poste de pouvoir, je suis également consciente de l’impact de la misogynie toxique et du sexisme. Il est vital de continuer à dénoncer cela », a affirmé le Haut-Commissaire.
Elle a conclu en appelant « à accélérer la participation pleine et égale des femmes, dans toute leur diversité, à la vie publique - pour le bénéfice de tous ».

Il faut continuer à défendre la démocratie – Kamala Harris

Dans un discours vidéo à la Commission de la condition de la femme, la nouvelle Vice-présidente américaine Kamala Harris, la première femme à occuper ce poste aux Etats-Unis, a déclaré pour sa part que « la condition de la femme est la condition de la démocratie ».

La démocratie protège les droits de l’homme, maintient l’Etat de droit et est un moyen de partager la prospérité, dans laquelle chacun a une voix égale, a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il s’agit d’un « travail permanent » qui exige vigilance constante et amélioration.

La démocratie est de plus en plus mise à rude épreuve dans un monde connaissant « un déclin troublant de la liberté », selon Mme Harris, citant des experts qui estiment que « l’année écoulée a été la pire jamais enregistrée en termes de détérioration mondiale de la démocratie et de la liberté ».

« Même si nous sommes confrontés à une crise sanitaire mondiale et à une crise économique, il est essentiel que nous continuions à défendre la démocratie », a-t-elle souligné.

Dans ce contexte, Mme Harris a déclaré que les États-Unis renforçaient leur implication au sein de l'ONU et du système multilatéral dans son ensemble, et allaient rejoindre le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.
« Nous savons que la condition de la démocratie dépend de notre engagement collectif envers les valeurs énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme », a-t-elle déclaré. « La condition de la démocratie dépend aussi fondamentalement de l'autonomisation des femmes ».

Selon Kamala Harris, « la participation des femmes renforce la démocratie ». « Nous nous engageons à défendre les valeurs démocratiques inscrites dans la Déclaration et… sommes fermement convaincus que, lorsque nous travaillons ensemble à l'échelle mondiale, nous pouvons réaliser la vision qui y est contenue », a-t-elle conclu.

 

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