Myanmar : l’ONU condamne la répression meurtrière et appelle la communauté internationale à agir

15 mars 2021

Plusieurs responsables des Nations Unies ont condamné les meurtres de manifestants pacifiques au Myanmar ce weekend et appelé la communauté internationale à agir pour faire cesser la répression meurtrière des militaires.

« Nous avons vu un week-end rempli de sang ». C’est ainsi qu’a qualifié, lundi, le porte-parole du chef de l’ONU, les événements meurtriers survenus ces dernières 48 heures au Myanmar.

38 personnes ont été tuées dimanche dans ce pays d’Asie du Sud-Est, la majorité dans le quartier de Hlaing Thayer à Yangon, dans des manifestations contre la junte militaire. 18 autres personnes ont été tuées la veille.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme, Tom Andrews, s’est dit « dévasté et indigné » par les meurtres de manifestants par les forces de sécurité birmanes - « le plus grand nombre (…) en une seule journée » en référence au lourd bilan de dimanche.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), au moins 138 manifestants pacifiques, dont des femmes et des enfants, ont été tués dans des violences au Myanmar, depuis le 1er février 2021, date du coup d’Etat.

Le chef de l'ONU consterné par l'escalade de la violence

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s’est dit consterné par l’escalade de la violence au Myanmar aux mains de l’armée du pays. « Le Secrétaire général condamne fermement cette violence continue contre des manifestants pacifiques et la violation continue des droits de l'homme les plus fondamentaux du peuple du Myanmar », a déclaré son porte-parole lors d’un point de presse à New York.

« Le meurtre de manifestants, les arrestations arbitraires et la torture signalée de prisonniers violent les droits de l’homme fondamentaux et défient clairement les appels du Conseil de sécurité à la retenue, au dialogue et au retour sur la voie démocratique du Myanmar », a ajouté le porte-parole dans une déclaration de presse publiée le même jour.

M. Guterres a exhorté la communauté internationale à œuvrer « collectivement et bilatéralement » pour aider à mettre fin à la répression militaire au Myanmar. Le chef de l’ONU a exhorté les militaires à autoriser son Envoyée spéciale, Christine Schraner Burgener, à se rendre dans le pays. Une visite qui, selon son porte-parole, constituerait « un élément important pour apaiser la situation et préparer le terrain pour le dialogue et le retour à la démocratie ».

Mme Schraner Burgener, a également fermement condamné « l'effusion de sang qui se poursuit au Myanmar », notant que l'armée défie les appels internationaux - « y compris celui du Conseil de sécurité » - à la retenue, au dialogue et au plein respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, l’Envoyée spéciale a indiqué avoir personnellement entendu des récits déchirants de meurtres, de mauvais traitements infligés à des manifestants et de torture de prisonniers au cours du week-end de la part de ses contacts au Myanmar.

« La brutalité persistante, notamment contre le personnel médical et la destruction des infrastructures publiques, compromet gravement toute perspective de paix et de stabilité », a dit Mme Schraner Burgener. Elle a appelé la communauté internationale, y compris les acteurs régionaux, à s'unir en solidarité avec le peuple du Myanmar et ses aspirations démocratiques.
L'Envoyée spéciale, qui reste en contact étroit avec les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est ainsi qu’avec les membres du Conseil de sécurité, espère compter sur le soutien continu de ses interlocuteurs dans ses efforts pour calmer la situation au Myanmar.
« Le Secrétaire général continuera d’être aux côtés du peuple du Myanmar et de ses aspirations démocratiques », a assuré son porte-parole.

Pour M. Andrews, « les dirigeants de la junte n’ont rien à faire au pouvoir, ils doivent être derrière les barreaux ». Sur son compte Twitter officiel, l’expert indépendant onusien a appelé les États membres de l'ONU à agir en mettant fin immédiatement à l’approvisionnement financier et en armes des militaires du pays.

 

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