Myanmar : le Conseil de sécurité condamne fermement la violence contre les manifestants pacifiques

11 mars 2021

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fermement condamné la violence contre les manifestants pacifiques au Myanmar et a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux restrictions imposées au personnel médical, à la société civile, aux syndicats et aux journalistes, alors que les manifestations se poursuivent dans ce pays d'Asie du Sud-Est contre la prise de pouvoir par l’armée le 1er février.

Dans une déclaration présidentielle publiée mercredi soir par la Présidence du Conseil, occupée en mars par les États-Unis, l'organe de 15 membres a également réitéré son appel à la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement.

« Le Conseil de sécurité exprime son soutien continu à la transition démocratique au Myanmar et souligne la nécessité de maintenir les institutions et processus démocratiques, de s'abstenir de toute violence, de respecter pleinement les droits de l'homme et les libertés fondamentales et de faire respecter l'Etat de droit », souligne la déclaration. « Il encourage la poursuite d'un dialogue constructif et de la réconciliation conformément à la volonté et aux intérêts du peuple du Myanmar ».

Le Conseil a également appelé l'armée du Myanmar « à faire preuve de la plus grande retenue » et a souligné qu'il suivait la situation de près.

« Un soutien solide » à l’ASEAN

Dans cette déclaration, le Conseil de sécurité a également exprimé son ferme soutien à l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et sa volonté d’aider le Myanmar de manière positive, pacifique et constructive.

Le Conseil a salué les efforts de l’organisation régionale pour être en contact avec toutes les parties concernées au Myanmar, se félicitant de sa récente réunion et des déclarations qui « ont rappelé les buts et principes de la Charte de l'ASEAN, notamment le principe de démocratie, l'adhésion à l'Etat de droit, la bonne gouvernance, la protection des droits de l'homme et le respect des libertés fondamentales ».

Le Conseil de sécurité a également réitéré son appui à l'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour le Myanmar pour ses bons offices et l'a encouragée à « maintenir le contact et à poursuivre ses efforts pour s'impliquer activement » avec toutes les parties concernées dans le pays, et « à se rendre au Myanmar dès que possible ».

Protéger les droits des minorités

Le Conseil a également appelé à un accès humanitaire sûr et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin, soulignant que la situation actuelle « a le potentiel d'exacerber les défis existants » dans l’Etat de Rakhine et dans d'autres régions.

Selon les chiffres de l'ONU, indépendamment des conflits politiques, environ un million de personnes ont besoin de soutien et de protection à travers le Myanmar. Les efforts d’assistance ont cependant été restreints par un environnement opérationnel difficile ainsi que par des perturbations des chaînes de communication, de transport et d'approvisionnement, et par des pénuries de liquidités, selon les organisations humanitaires.

Le Conseil de sécurité s'est également déclaré préoccupé par le fait que les récents développements « posent des défis particulièrement graves » pour le retour volontaire, sûr, digne et durable des réfugiés Rohingyas et des personnes déplacées à l'intérieur du pays.

« Il est vital que les droits des minorités soient pleinement protégés », a-t-il déclaré.

Une déclaration présidentielle est une déclaration faite par la Présidence du Conseil de sécurité au nom du Conseil. Les déclarations sont adoptées lors d’une réunion officielle et publiées en tant que document officiel.

 

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