Yémen : l’ONU déçue par le montant promis par les bailleurs de fonds alors que le pays est confronté à la famine

1 mars 2021

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a jugé « décevant » le résultat de la conférence des bailleurs de fonds sur le Yémen organisée lundi, alors que des millions de Yéménites sont menacés par la famine. 

« Les promesses de dons annoncées s’élèvent au total à environ 1,7 milliard de dollars. C'est moins que ce que nous avons reçu pour le plan de réponse humanitaire en 2020. Et un milliard de dollars de moins que ce qui avait été promis lors de la conférence que nous avons tenue en 2019 », a regretté le chef de l’ONU dans une déclaration à la presse à l’issue de la conférence.

« Des millions d'enfants, de femmes et d'hommes yéménites ont désespérément besoin d'aide pour vivre. Couper l'aide est une condamnation à mort », a-t-il ajouté. 

M. Guterres a remercié ceux qui se sont généreusement engagés et a demandé aux autres « de réfléchir à nouveau à ce qu'ils peuvent faire pour éviter la pire famine que le monde ait connue depuis des décennies ». « L’ONU continuera d’être solidaire du peuple affamé du Yémen », a-t-il ajouté.

A l’ouverture de la conférence co-organisée par les Nations Unies, la Suisse et la Suède, le Secrétaire général avait imploré les bailleurs de fonds internationaux d’aider la communauté humanitaire à stopper la famine.

L’ONU estime avoir besoin de 3,85 milliards de dollars cette année pour venir en aide à plus de 16 millions de Yéménites qui en ont désespérément besoin.

« Aujourd'hui, la famine s’abat sur le Yémen. La course est lancée, si nous voulons empêcher la faim et la famine de tuer des millions de personnes. Il est impossible de surestimer la gravité des souffrances au Yémen », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un discours à l’ouverture de la conférence de donateurs.

« Près de 50.000 Yéménites meurent déjà de faim dans des conditions proches de la famine. La pire situation en termes de faim se trouve dans les zones touchées par le conflit », a-t-il ajouté.

Photo ONU/Evan Schneider
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres (debout à gauche), et le chef de l'humanitaire de l'ONU, Mark Lowcock, participent à une conférence de bailleurs de fonds sur le Yémen.

Appel à mettre fin au conflit

Le Secrétaire général a appelé à mettre fin à ce conflit qui « engloutit toute une génération de Yéménites ». « Il n’existe pas de solution militaire au Yémen », a-t-il rappelé. « La seule voie vers la paix passe par un cessez-le-feu immédiat à l'échelle nationale et un ensemble de mesures de confiance, suivis d'un processus politique inclusif dirigé par le Yémen sous les auspices des Nations Unies et soutenu par la communauté internationale ».

Le chef de l’ONU a exhorté toutes les parties prenantes à travailler avec son Envoyé spécial, Martin Griffiths, pour parvenir à un règlement pacifique du conflit.

Alors que la situation humanitaire au Yémen est dramatique, le financement humanitaire a chuté l’an dernier, a noté M. Guterres. La communauté humanitaire a reçu la moitié de ce dont elle avait besoin, alors que, dans le même temps, la monnaie yéménite s'est effondrée et les envois de fonds des Yéménites à l'étranger se sont taris sur fonds de pandémie de Covid-19.

Face au manque d’argent, les organisations humanitaires ont réduit ou même fermé leurs programmes. Le Secrétaire général a rappelé qu’en 2018, grâce à la générosité des donateurs, les agences humanitaires ont contribué à prévenir la famine qui menaçait alors le Yémen.

« Aujourd'hui, réduire l'aide est une condamnation à mort pour des familles entières. Ce n’est pas le moment de se désengager du Yémen », a-t-il dit.

« La famille des Nations Unies et nos partenaires à travers le Yémen sont prêts à intensifier les opérations d'aide », a-t-il ajouté. « L’aide que vous promettez aujourd’hui n’empêchera pas seulement la propagation de la famine et sauvera des vies. Elle contribuera à créer les conditions d’une paix durable ».

 

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