La pandémie de Covid-19 fait dérailler l'accès des enfants aux repas scolaires (PAM)

24 février 2021

La pandémie de Covid-19 risque d'inverser une décennie de gains durement acquis dans les efforts mondiaux visant à fournir une alimentation nutritive aux enfants les plus vulnérables du monde grâce au repas quotidien gratuit à l'école, a déclaré le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) dans un rapport publié mercredi.

« L'alimentation scolaire change la donne pour les enfants, pour les communautés et pour les pays », a déclaré le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, soulignant « qu'un repas par jour est souvent la raison pour laquelle les enfants affamés se rendent à l'école ».

Lorsque la pandémie a frappé, un écolier sur deux, soit 388 millions d'enfants dans le monde, recevait des repas scolaires, le nombre le plus élevé de l'histoire, explique le rapport intitué La situation de l’alimentation scolaire dans le monde en 2020.

En avril 2020, lorsque 199 pays ont fermé leurs écoles, 370 millions d'enfants se sont retrouvés soudainement privés de ce qui, pour beaucoup, était leur seul repas nutritif de la journée.

Pour les gouvernements, ces fermetures ont mis en lumière le rôle essentiel joué par l'alimentation scolaire pour soutenir les enfants les plus vulnérables et protéger leur avenir, maintiennent les auteurs du rapport, qui appellent à une action mondiale pour ramener la couverture aux niveaux d'avant la pandémie et l'étendre encore, afin d'atteindre les quelque 73 millions d'enfants vulnérables qui manquaient de repas avant même la pandémie.

« Nous devons relancer ces programmes - encore mieux qu'auparavant - pour que la Covid ne détruise pas l'avenir de millions d'enfants parmi les plus vulnérables du monde », a averti le chef du PAM.

Un impact majeur dans la vie des enfants 

En 2021, le PAM compte mettre en place une coalition pour soutenir les gouvernements dans l'extension des programmes de repas scolaires, en travaillant avec les agences de développement, les donateurs, le secteur privé et les organisations de la société civile.

L’agence onusienne signale, qu’entre 2013 et 2020, le nombre d'enfants bénéficiant de repas scolaires a augmenté de 9% au niveau mondial et de 36% dans les pays à faible revenu, suite à l’élargissement des programmes par les gouvernements.  L’alimentation scolaire est ainsi devenue le plus vaste filet de sécurité sociale au monde.

Selon des études, les repas scolaires peuvent avoir un impact majeur dans la vie d'un enfant issu d'une famille pauvre. Ils évitent la faim, favorisent la santé à long terme et aident l'enfant à apprendre et à s'épanouir. Cela est particulièrement vrai pour les filles : dans les endroits où il existe un programme de repas scolaires, les filles restent plus longtemps à l'école, le taux de mariage des enfants diminue et les grossesses d'adolescentes diminuent.

Lorsqu'ils utilisent des aliments produits localement, les programmes de repas scolaires peuvent également stimuler l'économie d'une communauté.  Ils créent une demande pour des aliments plus diversifiés et plus nutritifs et créent des marchés stables, en soutenant l'agriculture locale et en renforçant les systèmes alimentaires locaux.

Un investissement prioritaire post-Covid-19

Dans un monde post-Covid-19, les programmes d'alimentation scolaire constituent un investissement encore plus prioritaire, selon le rapport, car ils aident les pays à se doter d'une population saine et éduquée, tout en soutenant la croissance nationale et en favorisant le développement économique.

Les programmes de repas scolaires efficaces permettent d'obtenir un rendement allant jusqu'à 9 dollars pour chaque dollar investi, signale le PAM. Ils créent également des emplois. Selon les calculs du Programme, quelques 1.668 nouveaux emplois sont créés pour chaque 100.000 enfants nourris.

« Le PAM est pleinement résolu à travailler avec ses partenaires pour faire en sorte qu’aucun enfant, où qu’il vive, n’aille à l’école en ayant faim ou pire, qu’il n’y aille pas du tout », a affirmé M. Beasley. 

« Au-delà des difficultés actuelles, nous devons saisir l’occasion de commencer à construire le monde meilleur que nous souhaitons tous voir », a exhorté le chef du PAM, lançant un appel a travailler ensemble pour y parvenir.

 

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