Venezuela : des experts de l'ONU demandent de cesser la criminalisation de la société civile

18 février 2021

Des experts des droits de l'homme des Nations Unies ont salué aujourd'hui la libération de cinq défenseurs des droits de l'homme et membres de l'ONG Azul Positivo au Venezuela, mais ont exhorté les autorités vénézuéliennes à mettre fin aux attaques et intimidations continues et croissantes contre les organisations de la société civile et les journalistes.

Johán León Reyes, Yordy Bermúdez, Layners Gutiérrez Díaz, Alejandro Gómez Di Maggio et Luis Ferrebuz, cinq défenseurs des droits de l'homme et membres de l'ONG Azul Positivo, ont été détenus dans l'État de Zulia le 12 janvier 2021. Ils ont été libérés le 10 février mais les charges qui pesaient contre eux, relatives au terrorisme, au financement du terrorisme et au blanchiment d'argent, n'ont pas été abandonnées.

Azul Positivo a été créé en 2004 pour travailler à la prévention du VIH dans l'État de Zulia, au Venezuela. L'ONUSIDA, qui mène l’action à l’échelle mondiale pour mettre fin à l’épidémie de sida comme menace de santé publique d’ici à 2030, soutient le travail d'Azul Positivo depuis de nombreuses années. Elle a pu constater l'impact positif de ses contributions à la communauté.

Selon Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l'ONUSIDA, « une société civile forte et responsabilisée joue un rôle central dans la fourniture de services indispensables aux personnes les plus vulnérables et est essentielle pour progresser dans la lutte contre la pandémie de VIH et d'autres menaces sanitaires au Venezuela ».

Respecter et protéger le travail de la société civile 

« Les arrestations et les accusations criminelles font partie d'un schéma de criminalisation croissante des organisations de la société civile au Venezuela, qui opèrent déjà sous un ensemble répressif de lois et de règlements, dont la ‘loi contre la haine’ de 2017 qui restreint, entre autres, l'exercice de leur droit à la liberté de réunion pacifique, d'association et d’expression », ont indiqué les experts. 

Selon eux, le gouvernement a adopté de nouvelles réglementations au cours des derniers mois qui intensifient la pression sur les ONG et limitent leur accès aux financements internationaux, y compris les ressources financières nécessaires pour faire face à la crise humanitaire.

Les experts ont demandé instamment de revoir ces nouvelles réglementations et de donner la priorité à l'attention portée à la crise en adoptant une approche fondée sur les droits de l'homme.

« Nous demandons instamment aux autorités d'abandonner les charges retenues contre les cinq défenseurs des droits de l'homme d'Azul Positivo », ont déclaré les experts. « Nous demandons aux autorités de revoir les lois et pratiques restrictives afin de garantir le respect des obligations du Venezuela en vertu du droit international des droits de l'homme, et de respecter et protéger le travail de la société civile, y compris des femmes défenseurs des droits de l'homme ». 

Les experts sont :  Clément Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association ; Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression ; Mary Lawlor, Rapporteure spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme;  et le Groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles : Elizabeth Broderick (présidente), Melissa Upreti (vice-présidente), Dorothy Estrada Tanck, Ivana Radačić, et Meskerem Geset Techane.

Note :

Les rapporteurs spéciaux, les experts indépendants et les groupes de travail font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d’enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit des situations nationales spécifiques, soit des questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire. Ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.

 

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