LA CNUCED lance un nouvel indice sur la capacité productive des pays en développement

8 février 2021

La Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) a lancé, lundi à Genève, un nouvel indice des capacités productives (ICP), qui mesure la capacité des pays à réaliser leur transformation socio-économique.  

Selon la CNUCED, ce nouvel outil va aider les pays en développement à améliorer leurs politiques de développement et à réduire la pauvreté. Il va aussi renforcer leur résilience économique face à des chocs tels que celui de la pandémie de coronavirus qui dévaste les économies du monde entier.

« Alors que les pays luttent contre la crise sanitaire, renforcer les capacités productives de leurs économies pour tendre vers une croissance inclusive et durable est plus nécessaire que jamais », a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

Le niveau global des capacités productives d’un pays, ainsi que les performances de chacune des huit composantes de l’Indice, sont des indicateurs de ses forces, de ses faiblesses et des modèles de croissance futurs envisageables. Selon l'agence onusienne, il n’est pas surprenant que les pays développés et les économies industrialisées soient les plus performants en termes d’ICP, à l’exception de celle du capital naturel.

La ville de Port-Louis à l'Île Maurice
PNUD Maurice/Stéphane Bellero
La ville de Port-Louis à l'Île Maurice

Île Maurice, Afrique du Sud et Tunisie en tête des pays africains

En Asie, les économies les plus performantes sont Hong Kong (Région administrative spéciale de la Chine), qui occupe la huitième place du classement mondial par l’ICP, suivi par la Corée du Sud et Singapour, respectivement classés 11e et 13e.
Sur le continent africain, les premiers pays sont l’île Maurice, classée 46e au monde, suivie de l’Afrique du Sud (74e) et de la Tunisie (85e).

En Amérique latine, les pays les plus performants sont le Chili, classé 50e au niveau mondial, suivi de l’Uruguay (53e) et du Costa Rica (57e). Dans les Caraïbes, les économies les plus performantes sont celles des Bermudes, classées 16e au niveau mondial, de la Barbade (40e) et de Trinidad et Tobago (48e). 

D’une manière générale, de nombreux pays en développement, en particulier les pays les moins avancés et les pays enclavés, sont à la traîne dans tous les domaines de l’ICP, à l’exception du capital naturel. « C’est en grande partie dû à leur dépendance excessive aux exportations de matières premières et à une production limitée à quelques secteurs », précise la CNUCED, qui relève « des lacunes significatives » dans des aspects clés liés aux capacités productives, notamment en lien avec les changements structurels, les institutions, l’énergie, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et le capital humain.

46 indicateurs qui vont du capital humain, à l’énergie ou secteur privé

L’Indice des capacités productives (ICP) utilise les données de 193 pays, collectées entre 2000 et 2018, et repose sur 46 indicateurs, pour mesurer les performances de huit des composantes des capacités productives. Il s’agit du capital naturel, du capital humain, de l’énergie, des institutions, des changements structurels, des TIC, des transports et du secteur privé.

L’indice met l’accent sur les forces et les faiblesses des politiques menés par les pays. Puis il propose une feuille de route pour les actions et interventions politiques futures pour chaque composante. Ainsi les décideurs politiques peuvent mieux suivre leurs performances en matière de développement dans le temps et peuvent les comparer avec celles d’autres pays.

L’indice note les performances d’un pays en matière de capacités productives sur une échelle de 1 à 100, évaluant l’efficacité des politiques et des stratégies ainsi que les lacunes et limites existantes. Il peut aider les gouvernements à mieux formuler puis mettre en œuvre leurs politiques, puis à en évaluer les résultats.

Des panneaux solaires sur le toit d'un centre de santé en Afghanistan.
PNUD Afghanistan
Des panneaux solaires sur le toit d'un centre de santé en Afghanistan.

La CNUCED ne préconise pas une feuille de route universelle sur le développement

A noter que la CNUCED définit les capacités productives comme les ressources productives, les capacités entrepreneuriales et les liens de production qui, ensemble, déterminent la capacité d’un pays à produire des biens et des services qui lui permettent de croître et de se développer.

Les capacités productives aident les pays à éviter le piège que représente la concentration sur quelques éléments de production - tels que les machines et équipements, les infrastructures physiques, le développement des ressources humaines, les capacités technologiques – considérés à tort comme des remèdes miracles susceptibles de favoriser la croissance économique et la réduction de la pauvreté.

C’est pourquoi les pays ayant obtenu les meilleurs scores à l’ICP sont ceux qui ont le plus progressé vers la réalisation des Objectifs de développement durables (ODD) et qui ont les plus hauts niveaux de développement humain, comme le montre l’indice de développement humain des Nations Unies. « Il n’existe pas de feuille de route universelle pour favoriser le développement des capacités productives et la transformation structurelle d’une économie », a déclaré Paul Akiwumi, Directeur de la division de la CNUCED pour l’Afrique et les pays les moins avancés.

« Les politiques doivent être élaborées au niveau national en prenant en compte les contraintes, les opportunités et les avantages comparatifs propres à chaque pays », a-t-il ajouté, appelant à des efforts concertés pour aider les pays à développer et à créer de nouvelles capacités productives et à utiliser pleinement celles qui existent déjà.

 

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