Coronavirus : le personnel soignant particulièrement touché (OMS)

4 février 2021

La pandémie causée par le nouveau coronavirus touche le monde entier et l'ensemble de la population, mais le personnel soignant est plus à risque, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

« Les travailleurs de la santé ont connu un risque d'infection plus de trois fois plus élevé que celui de la population générale entre la mi-mars et la mi-mai 2020 », a précisé l’OMS, dans une étude publiée mardi soir.

Un niveau similaire de risque relatif a également été signalé par une étude de cohorte d'observation portant sur environ 2 millions de personnes de la communauté et 100.000 travailleurs de la santé de première ligne au Royaume-Uni et aux États-Unis.

« Nos données suggèrent que cette période de risque élevé a été suivie d'une forte baisse jusqu'à celle constatée dans la population générale à la fin mai 2020 », souligne l’agence sanitaire mondiale de l’ONU.

Plus de 10% des cas signalés lors des 3 premiers mois de la pandémie

D'après des données reçues par l'OMS, au cours des trois premiers mois de la pandémie, les infections des travailleurs de la santé ont légèrement dépassé 10% des cas signalés. Elles sont ensuite retombées à moins de 5 % au début de juin 2020, pour redescendre à environ 2,5% en septembre dernier.

Ces tendances ont confirmé les conclusions d’une étude publiée à la mi-septembre 2020, qui estimait que le personnel soignant constituerait environ 14% des cas de Covid-19 signalés à l’OMS. Or les agents de santé représentent moins de 3% de la population dans la grande majorité des pays et moins de 2% dans presque tous les pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans certains pays, cette proportion peut aller jusqu’à 35%. 

« Toutefois, la disponibilité et la qualité des données sont limitées, de sorte qu’il est impossible de déterminer si les agents de santé ont été infectés sur leur lieu de travail ou dans la communauté », avait précisé l’OMS, relevant qu’à l’échelle mondiale, « des milliers d’agents de santé infectés par la Covid-19 ont perdu la vie ».

Le personnel soignant hispaniques et les Afro-Américains très vulnérables 

Cette nouvelle étude s’est donc penchée sur l’analyse des facteurs de risque des travailleurs de la santé. 
Dans certains pays riches, les ménages modestes, où les minorités ethniques sont surreprésentées, se voient plus exposés au coronavirus. 

« Les Afro-Américains et les travailleurs de la santé hispaniques présentaient un risque accru d'infection par le CoV-2 du SRAS », note l’agence onusienne.

Plus largement, les infections au nouveau coronavirus n’ont épargné aucun secteur médical. 

« Les contaminations sont survenues chez des travailleurs de la santé occupant divers rôles (cliniques ou non cliniques) et dans divers services/établissements, y compris les soins ambulatoires et les soins non-Covid-19 », souligne l’OMS.
 

Avec le soutien de la branche régionale de l'OMS, des travailleurs de santé au Guatemala reçoivent une formation pour s'occuper des patients atteints du coronavirus.
Photo OPS/Victor Sanchez
Avec le soutien de la branche régionale de l'OMS, des travailleurs de santé au Guatemala reçoivent une formation pour s'occuper des patients atteints du coronavirus.

Impréparation et absence de masques au début de la pandémie

Selon l’agence sanitaire de l’ONU, la proportion plus élevée d'infections des travailleurs de la santé au début de la pandémie dans certains pays est « peut-être due au manque de préparation face aux flambées de maladies infectieuses » ou aux insuffisances observées dans « les précautions standard en matière de prévention pendant la prestation des soins ».

Au début de la pandémie, « l'accès réduit aux équipements de protection individuelle (EPI) » et « la surcharge des systèmes de santé due à l'augmentation des hospitalisations et aux capacités limitées des soins de santé », auraient pu jouer un rôle signale également l’OMS.

La plupart des études ont montré que la disponibilité et l'utilisation appropriée des équipements de protection individuelle (EPI), telles que recommandées par les autorités locales, étaient associées à une diminution du risque d'infection, indique l’étude.

La diminution subséquente des infections des travailleurs de la santé pourrait être le résultat de multiples interventions, y compris la formation des travailleurs de la santé aux mesures de prévention et de contrôle des infections (IPC) et la surveillance des pratiques de prévention et de contrôle des infections par le personnel de santé et de sécurité au travail.

Autre hypothèse avancée par l’OMS, l'amélioration de la gestion clinique basée sur une meilleure connaissance de la Covid-19, une réduction de la capacité d'accueil des patients atteints de Covid-19 dans les hôpitaux ainsi que l’augmentation des capacités de dépistage.
 

Des agents de santé posent avec un flacon de vaccin anti-Covid-19 après avoir reçu leur injection dans un hôpital en Inde.
UNICEF/Vinay Panjwani
Des agents de santé posent avec un flacon de vaccin anti-Covid-19 après avoir reçu leur injection dans un hôpital en Inde.

Pour une vaccination du personnel soignant des pays en développement 

D’une manière générale, l’agence onusienne rappelle l’importance d’une « meilleure connaissance des méthodes de transmission ». A ce sujet, elle a constaté l’impact d’une réduction générale de la transmission communautaire, avec la mise en œuvre de mesures de santé publique et de mesures sociales. Un dispositif qui a entraîné « une moindre pression sur les systèmes hospitaliers et les hospitalisations ».

À noter qu’au total 183 pays ont communiqué leurs données à l'OMS, couvrant 37 millions de cas (36% des cas Covid-19 au moment de la compilation des données). Les formulaires ont été principalement reçus des États membres de la région des Amériques et de la région européenne. 

Plus de 16 millions de formulaires (43% des documents reçus, représentant 16% des cas Covid-19 mondiaux) comprenaient des informations sur la situation professionnelle, y compris celle des travailleurs de la santé. Dans ce sous-ensemble, les travailleurs de la santé représentaient près de 1,29 million de cas Covid-19, soit 8 % des cas.

Cette étude intervient après l’appel lancé par le Directeur général de l'OMS le 29 janvier dernier. Lors de son point de presse le Dr Tedros avait à nouveau souligné que les travailleurs de la santé sont à l'avant-garde de la réponse à la pandémie mais qu'ils sont souvent sous-protégés et surexposés. Il avait réitéré son appel à l'action du 18 janvier 2021 afin que les gouvernements et les chefs d'entreprise travaillent ensemble pour faire en sorte qu'au cours des 100 premiers jours de 2021, la vaccination des travailleurs de la santé et des personnes âgées soit en cours dans tous les pays.

 

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