Covid-19 : les maladies mentales, une pandémie « parallèle »

28 janvier 2021

La pandémie de Covid-19 a généré une « épidémie parallèle » : la détérioration de la santé mentale, en particulier chez les jeunes. L’Organisation de la Santé (OMS) met en place une nouvelle coalition de la santé mentale pour aider les Etats à faire face à ce problème.

« La maladie mentale fait des ravages, tant chez ceux qui étaient déjà à risque que chez ceux qui n’ont jamais cherché à bénéficier d’un soutien en matière de santé mentale auparavant », a indiqué jeudi le Dr Hans Kluge, Directeur de l’OMS Europe lors d’un point de presse.

Actuellement, le monde fait face à un « paradoxe épidémique », avec d’un côté l’espoir suscité par les vaccins et de l’autre les risques générés par les formes variantes du virus.

« Ce paradoxe, où les communautés sentent que la fin est en vue avec le vaccin mais sont en même temps appelées à adhérer à des mesures restrictives face à une nouvelle menace, provoque des tensions, de l’angoisse, de la fatigue et de la confusion. Cela est tout à fait compréhensible dans ces circonstances », a indiqué le chef de l’OMS Europe.

Un jeune sur deux souffre de dépression et d’anxiété

Selon l’Organisation internationale du travail, la moitié des jeunes de 18 à 29 ans sont sujets à la dépression et à l’anxiété et jusqu’à 20 % des travailleurs de la santé souffrent d’anxiété et de dépression.

« Donner des moyens d’action aux responsables de la santé dans les pays, en particulier en temps de crise, est une priorité pour l’OMS Europe », a déclaré le Dr Kluge qui a annoncé la création d’une « Coalition pour la santé mentale ».

« N’oublions pas les leçons que nous avons apprises avec tant de dureté : ouvrir et fermer, confiner et déconfiner rapidement, c’est une mauvaise stratégie », a estimé le chef de l’OMS Europe.

Il a recommandé que l’introduction et la levée progressive des mesures soient basées sur des critères épidémiologiques « pour permettre aux économies de survivre et de minimiser les effets collatéraux. Notre approche doit être mesurée, elle doit être retenue ».

« Aux millions d’entre vous, dans les 25 pays européens qui sont actuellement en situation de confinement national partiel ou total, et dont la liberté de circulation est limitée, je dis que je suis pleinement conscient des sacrifices que vous avez faits », a-t-il ajouté.
 

Un taux d'efficacité supérieur à 90% a été rapporté par Pfizer et BioNTech dans des essais sur l'homme pour un vaccin contre la Covid-19.
Photo : BioNTech
Un taux d'efficacité supérieur à 90% a été rapporté par Pfizer et BioNTech dans des essais sur l'homme pour un vaccin contre la Covid-19.

Vaccination encore trop lente et pas équitable

Selon les chiffres de l’OMS, 35 pays de la région Europe sur les 53 ont commencé des campagnes de vaccination et 25 millions de doses ont été administrées. La persistance de taux de transmission élevés et l’apparition de variantes préoccupantes de la Covid-19 ont toutefois fait ressortir l’urgence de la tâche consistant à vacciner les groupes prioritaires.

« Les attentes croissantes en matière de science et de développement, de production et de distribution équitable des vaccins ne sont pas satisfaites aussi rapidement que nous le souhaiterions tous », a noté le Dr Hans Kluge.

A ce jour, 700 000 personnes sont décédées de la Covid-19 dans la région Europe.

« Rien que la semaine dernière, le nombre de décès a continué à plafonner à un niveau record, avec plus de 38 000 nouveaux décès signalés », a indiqué le chef de l’OMS Europe.

Cet article est publié en collaboration avec le Centre d'information des Nations Unies pour l'Europe occidentale (UNRIC), basé à Bruxelles.

 

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