Yémen : l’ONU préoccupée par le regain des combats à Hodeïda

28 janvier 2021

L’ONU a fait part, jeudi, de sa préoccupation sur la situation au Yémen suite à l’escalade des hostilités depuis la mi-janvier dans les zones sud du gouvernorat d’Hodeïda.

Les Nations Unies estiment que les combats entre les rebelles Houthis et les troupes gouvernementales dans ce pays du sud de la péninsule arabique, notamment le bombardement de zones résidentielles, mettent en danger la vie des milliers de civils. L’ONU fait état « de victimes civiles », ainsi que des maisons et des fermes endommagées à Hays et Ad Durayhimi.

Plus d’une centaine de familles, soit au moins 700 personnes, ont été déplacées par les violences depuis la mi-janvier. « Les attaques aveugles contre les zones résidentielles sont une violation du droit humanitaire international et doivent cesser immédiatement » a déclaré dans un communiqué, Auke Lootsma, le Coordinateur humanitaire par intérim au Yémen.

Selon l’ONU, jusqu’à huit victimes civiles ont été signalées dans la semaine du 20 janvier dans tout le gouvernorat d’Hodeïda, des femmes et des enfants pour la plupart. « Les premières informations indiquent qu’environ 120 familles ont été déplacées à Ad Durayhimi au cours de la semaine passée, la vérification des chiffres est en cours », soulignent les Nations Unies.

D’autres rapports en provenance du terrain signalent que les affrontements et les bombardements se sont poursuivis ces derniers jours dans les districts du sud d’Hodeïda, notamment à Ad Durayhimi et At Tuyahat, « avec peu ou pas de considération pour les civils ou leurs moyens de subsistance ».

Plus de 150 victimes civiles à Hodeïda au cours des trois derniers mois de 2020

Le nombre de victimes civiles dans le gouvernorat d’Hodeïda est une source de préoccupation constante. Au cours des trois derniers mois de 2020, 153 victimes civiles y ont été signalées, soit le nombre le plus élevé de tous les gouvernorats du pays.

« Les parties doivent se rappeler qu’elles ont le devoir de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils à tout moment et permettre aux humanitaires de répondre aux blessés et aux personnes déplacées », a fait valoir M. Lootsma.

Pour l’ONU, il est urgent de mettre fin aux hostilités afin de permettre aux humanitaires d’évaluer les besoins. Ces derniers entendent aussi fournir un soutien médical crucial aux civils blessés ainsi qu’un soutien matériel à ceux qui ont été déplacés et ont perdu leurs moyens de subsistance.

En attendant, une organisation médicale internationale a déjà engagé son plan d’aide aux victimes dans un hôpital desservant les zones touchées par le conflit. Dans le même temps, une autre organisation humanitaire soutient les hôpitaux locaux en leur fournissant des articles médicaux, notamment des kits de pansement, pour soigner les blessés.

Selon l’ONU, le Yémen reste la pire crise humanitaire au monde. Près de 80% de la population - plus de 24 millions de personnes - ont besoin d’une forme d’aide humanitaire et de protection. Plus largement, « le conflit continue d’exercer la misère sur des millions de vies », a déploré M. Lootsma. Mais à ce jour, seule la moitié des 3 milliards de dollars nécessaires à la réponse humanitaire de 2020 a été reçue.

 

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