En Ethiopie, les 1,3 million d’enfants du Tigré ne sont pas retournés à l’école (UNICEF)

27 janvier 2021

12 semaines après le début du conflit au Tigré, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a exprimé, mercredi, sa préoccupation concernant la situation des enfants de cette région éthiopienne.

Peu d’informations sont disponibles sur ce qui se passe actuellement dans la région du Tigré, en Ethiopie, après trois mois de conflit.

« Le peu que nous savons de l'impact du conflit sur les enfants du Tigré - à partir des témoignages de partenaires des évaluations de l'ONU limités - est profondément troublant », a déclaré la Directrice générale de l'UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué.

Selon l’agence onusienne, les campagnes de vaccination sont au point mort dans tout le Tigré. Les infrastructures civiles, y compris les établissements de santé, ont été endommagées ou détruites et les fournitures essentielles ont été pillées. Il y a peu de carburant pour faire fonctionner les systèmes d'eau et d'assainissement.

« Les enfants de la majeure partie de l'Éthiopie sont retournés à l'école suite aux restrictions liées à la Covid-19 - mais pas les 1,3 million d'enfants en âge scolaire du Tigré », a déploré Mme Fore.

L’UNICEF a reçu des informations faisant état de 300 enfants non accompagnés ou séparés parmi les réfugiés qui ont fui le Tigré vers le Soudan voisin. Ils seraient beaucoup plus nombreux parmi les milliers de personnes déplacées à l'intérieur de l’Ethiopie.

Malnutrition aiguë sévère : la vie de 70.000 enfants menacée

Une évaluation menée par des partenaires de l’UNICEF début janvier dans la zone de Shire a révélé des taux de malnutrition aiguë sévère allant jusqu'à 10% chez les enfants de moins de cinq ans. Ce taux sont bien au-dessus du seuil d’urgence de l’OMS de 3% et pourrait mettre en danger la vie de 70.000 enfants. Le niveau moyen de malnutrition aiguë atteignait 34% - ce qui fait craindre que les enfants touchés risquent de tomber dans une malnutrition potentiellement mortelle, alerte l’agence onusienne.

« En raison des restrictions d'accès, notre connaissance de la situation est encore très limitée. Nous craignons que ce que nous ne savons pas soit encore plus inquiétant », a reconnu inquiète Mme Fore.

Pendant 12 semaines, la communauté humanitaire internationale a eu un accès très limité aux populations touchées par le conflit dans la majeure partie du Tigré. L'accès, petit mais crucial, qui a permis à l'UNICEF et à ses partenaires d'envoyer 29 camions remplis de fournitures d'urgence pour la nutrition, la santé et la protection de l'enfance était « un pas dans la bonne direction, mais loin du niveau d'accès et de l'ampleur du soutien réellement nécessaires », a souligné l’agence.

Aide humanitaire : « Chaque jour supplémentaire d’attente ne fera qu’aggraver la souffrance des enfants »

Au-delà de la livraison de fournitures, le rétablissement des services essentiels est indispensable, estime la cheffe de l’UNICEF. « Pour ce faire, les salaires des fonctionnaires doivent être payés et l'accès du personnel humanitaire doit être accordé pour aider les autorités régionales à évaluer les besoins croissants, à identifier les priorités et à fournir les services indispensables », a-t-elle précisé.

L’UNICEF rappelle que toutes les parties au conflit ont l'obligation fondamentale de permettre un accès rapide, sans entrave et durable aux civils qui ont besoin d'assistance.

« Les acteurs humanitaires ont besoin d'autorisations globales inconditionnelles pour faire venir du personnel et des biens », a insisté Mme Fore. « La seule chose que nous savons, c'est que chaque jour supplémentaire d’attente de l’aide ne fera qu’aggraver la souffrance des enfants », a-t-elle prévenu.

 

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