Covid-19 : jusqu’à 6 semaines entre les deux injections du vaccin Moderna (OMS)

26 janvier 2021

La deuxième dose du vaccin de Moderna contre la Covid-19 peut être administrée jusqu’à six semaines après la première injection dans des circonstances exceptionnelles, a indiqué, mardi, le Groupe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Le Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination recommande l’administration de deux injections (une dose de 100 µg, 0,5 ml chacune) du vaccin de Moderna avec un intervalle de 28 jours, mais une deuxième injection peut être reportée de 42 jours, en cas de circonstances exceptionnelles », a déclaré le Dr Alejandro Cravioto, Président du Groupe d’experts de l’OMS sur la vaccination, lors d’une conférence de presse en visioconférence depuis Genève.

Ces circonstances exceptionnelles comprennent des pénuries de doses ou lors d’une forte présence de la maladie dans un pays.

Les exceptions pour l’immunisation des femmes enceintes

Le SAGE note que les preuves de cette recommandation ne sont pas solides, mais il s’agit « de l’intervalle le plus long dans les analyses primaires de l’essai de phase 3 ». « La grande majorité a reçu la deuxième dose après un intervalle plus court », a précisé le panel d’experts, qui ne recommande pas toutefois « de réduire la dose de moitié ».

Il recommande de n’administrer le vaccin que dans des sites où les réactions anaphylactiques importantes peuvent être prises en charge. A ce sujet, ils ont fourni « des recommandations spécifiques sur les limites étroites de l’exclusion de la vaccination et sur la période d’observation post-vaccinale ainsi que sur la gestion, la surveillance et la notification de tout événement de sécurité ». L’OMS n’a en revanche elle pas encore accordé son homologation d’urgence au vaccin de Moderna. Mais son évaluation est attendue fin février.

Dans une série de recommandations émises après examen des données, le SAGE a également conseillé que les femmes enceintes ne devraient pas être immunisées. Des exceptions sont possibles si les bienfaits de la vaccination l’emportent sur les risques potentiels du vaccin comme par exemple pour les personnes qui souffrent d’autres maladies ou pour le personnel soignant à risque élevé d’infection.

L’OMS ne recommande pas actuellement la vaccination des voyageurs

Toute en reconnaissant le manque de données sur la sécurité du vaccin chez les femmes allaitantes, le SAGE a estimé que le sérum ne présentait probablement pas de risque, étant donné le mécanisme d’action du vaccin. A cet égard, les experts de l’OMS conseillent également que les femmes qui allaitent faisant partie du personnel de santé se voient proposer la vaccination.

Par ailleurs, « dans la période actuelle où l’offre de vaccins est très limitée, la vaccination préférentielle des voyageurs internationaux irait à l’encontre du principe d’équité », a indiqué le groupe d’experts alors que dans la période actuelle l’offre de vaccins est très limitée. « Pour cette raison et en raison de l’absence de preuves quant au fait que la vaccination réduit le risque de transmission, l’OMS « ne recommande pas actuellement la vaccination des voyageurs contre la Covid-19 ». L’agence onusienne a indiqué que cette recommandation sera réexaminée à mesure que l’offre de vaccins augmentera.

Une vaccination indépendamment des antécédents d’infection symptomatique ou asymptomatique

D’une manière générale, les experts indépendants de l’OMS préconisent également que la vaccination contre le coronavirus soit proposée indépendamment des antécédents d’infection symptomatique ou asymptomatique. Etant donné que les études disponibles montrent qu’une réinfection symptomatique dans les six mois suivant une première infection est « rare », ils recommandent aux personnes testées positives au moyen d’un test PCR au cours des six mois précédents de retarder la vaccination jusqu’à la fin de cette période.

Pour un accès équitable à la vaccination

Comme indiqué dans la feuille de route de l’OMS pour l’établissement des priorités, le SAGE a souligné à nouveau que les programmes nationaux devraient prendre des mesures spécifiques pour identifier les groupes touchés de manière disproportionnée par la Covid-19. C’est le cas aussi de ceux et celles qui sont confrontés à des inégalités sanitaires dues à des « iniquités sociales ou structurelles » afin de lever les obstacles à la vaccination et de parvenir à un accès équitable à la vaccination.

Le groupe SAGE sur les vaccins contre la Covid-19 a été créé en juin dernier et est composé de 26 experts, qui ont examiné tous les aspects susceptibles d’éclairer les recommandations politiques, notamment l’éthique, les données des essais cliniques et les considérations programmatiques. Il est chargé de conseiller l’OMS sur les politiques et stratégies mondiales globales, allant des vaccins, à la recherche et le développement.

 

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