L'escalade de la crise à Cabo Delgado inquiète les agences de l'ONU au Mozambique

20 janvier 2021

Les Nations Unies sont profondément préoccupées par l'aggravation de la crise humanitaire et l'escalade de la violence qui ont forcé des milliers de personnes à fuir leurs foyers et leurs districts dans la province de Cabo Delgado au Mozambique.

Selon le gouvernement, plus de 565.000 personnes ont fui leurs maisons et leurs villages depuis le début des attaques des groupes armés non étatiques en 2017.

Ce mercredi, les directeurs régionaux de plusieurs agences des Nations Unies* ont parlé aux journalistes de manière virtuelle des conclusions d'une mission conjointe qu’ils ont menée en décembre.

Dans une déclaration, ils ont déclaré que cette visite leur a permis de constater l'impact de la violence et de montrer leur soutien aux communautés touchées et au peuple mozambicain.

Au cours de la visite, les directeurs ont évalué la situation et les besoins des populations déplacées, ainsi que des communautés d'accueil, et ont rencontré des représentants du gouvernement à Maputo.

Ils ont exprimé leur profonde inquiétude quant au fait que le conflit et la violence ont laissé les gens victimes de violations des droits de l'homme et avec un accès très limité à la nourriture et aux moyens de subsistance. L'insécurité croissante et les mauvaises infrastructures ont rendu plus difficile l'accès aux personnes dans le besoin. Avec la pandémie de Covid-19, la crise est devenue encore plus complexe.

Les représentants ont entendu des rapports émouvants d'hommes, de femmes et d'enfants déplacés dans la ville de Pemba, capitale de Cabo Delgado, et dans les districts d'Ancuabe et de Chiúre.

Ils ont également rencontré les communautés d'accueil, visité les zones de réinstallation et rencontré le gouverneur provincial et le secrétaire d'État ainsi que des chefs religieux et des représentants d'organisations civiles.

À Maputo, ils ont rencontré des représentants du gouvernement et des partenaires de développement.

Selon les directeurs, il s'agit d'une situation d'urgence complexe en matière de sécurité, de droits de l'homme, d'aide humanitaire et de développement qui met en évidence le besoin d'assistance et de soutien dans la construction d'une résilience à long terme dirigée par le gouvernement.

Photo UNICEF/Mauricio Bisol
Des personnes déplacées font la queue pour de l'eau à Metuge, dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique.

Changement climatique

Le manque de nourriture, d'eau, d'assainissement, de logement, de santé, de protection et d'éducation en suffisance aggrave une situation considérée comme terrible. L'imminence de la saison des pluies est également un risque dans un pays soumis à des chocs climatiques extrêmes, comme cela s'est produit en 2019 avec les cyclones Idai et Kenneth.

En décembre, la tempête tropicale Chalane a frappé les mêmes populations que celles touchées par la tempête Idai.

Dans une déclaration, les directeurs ont déclaré que « c'était un rappel brutal de la menace climatique à laquelle sont confrontés les Mozambicains et de l'urgence d'augmenter massivement les investissements dans la reprise et la résilience ».

Avec la pandémie qui maintient la plupart des écoles fermées, ils soulignent l'importance de l'investissement dans l'éducation.

Les représentants des agences onusiennes ont appelé à un élargissement urgent des programmes de protection, de santé, d'alimentation et de nutrition, ainsi que des interventions de vaccination et d'immunisation et des conseils psychosociaux. Ils ont également souligné la nécessité d'aider les agriculteurs et les pêcheurs à rétablir leurs moyens de subsistance.

Les directeurs ont également demandé un soutien pour la réinstallation de ces familles. Des investissements sont nécessaires pour promouvoir les droits de l'homme et la justice sociale, mais aussi pour limiter l'impact des crises actuelles et futures.

Pour contenir l'extrémisme violent, ils ont appelé à des initiatives de développement transnational qui donnent la priorité à l'autonomisation économique et à l'inclusion sociale et politique des femmes et des jeunes.

Ils ont également appelé le gouvernement et la communauté internationale à intensifier leurs efforts pour mettre fin à toutes les formes de violence, y compris la violence sexiste et le mariage des enfants, en investissant davantage dans les femmes et les filles en tant qu'agents de progrès et de changement.

Enfin, les directeurs régionaux ont remercié le gouvernement pour son soutien et ont réaffirmé l'engagement des Nations Unies à faire respecter les droits de l'homme et à promouvoir la paix et le développement durable pour tous les Mozambicains.

*La mission a été menée par des représentants de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Fonds international de développement agricole des Nations Unies (FIDA), de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), du Fonds des Nations Unies pour la population, (FNUAP), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi que par le responsable du Centre de résilience du PNUD et des membres de l'équipe de pays des Nations Unies.

 

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