Niger : forte dégradation de la situation humanitaire dans le sud-ouest du pays (OCHA)

18 janvier 2021

La situation humanitaire s’est fortement dégradée dans le sud-ouest du Niger, alerte le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Plus de 10.000 personnes sont actuellement déplacées dans le département de Ouallam, frontalier du Mali et situé seulement à environ 80 kilomètres au nord de la capitale Niamey.

Le 2 janvier, une centaine de personnes ont été tuées dans l’attaque des villages de Tchamo Bangou et de Zaroumadareye par des éléments présumés de groupes armés non étatiques. Plusieurs autres personnes ont été blessées et les moyens de subsistance de ces communautés ont été détruits.

Au lendemain de cette attaque meurtrière, environ 10.600 personnes (1.523 ménages) ont fui et trouvé refuge dans les villages de Mangaize (1.473 ménages) et dans d’autres localités relevant du district de Tondikiwindi (50 ménages), selon les autorités nigériennes.

La plupart de ces ménages déplacés sont installés dans des familles d'accueil qui peinaient déjà à se relever des conséquences des dernières inondations, de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’impact des mesures d’état d’urgence sur la vie des populations de la région de Tillabéri qui comprend le département de Ouallam ainsi que la capitale Niamey, et qui est frontalière de trois autres pays d’Afrique de l’Ouest : le Mali, le Burkina Faso et le Bénin.

Dans cette région du sud-ouest du Niger, le ralentissement de l’activité économique à cause de la fermeture de 17 marchés ruraux dans quatre départements (Abala, Banibangou, Tillabéri et Ouallam) et l’interdiction de circulation des motos, qui sont le principal moyen de transport des personnes et des biens, ont sérieusement affecté la vie de ces populations, accentuant sévèrement leur vulnérabilité.

« Douze départements sur les 13 que compte la région de Tillabéri sont en état d’urgence », relève OCHA dans son dernier bulletin sur le Niger publié dimanche. Depuis cinq ans, cette région est en proie à des attaques répétées de groupes armés non-étatiques opérant depuis le territoire malien. Ces groupes commettent des exactions de toutes sortes : extorsions de biens et d’argent, passage à tabac, violence basée sur le genre, enlèvements et assassinats ciblés de dignitaires.

Sur les 11 premiers mois de l’année 2020, 258 incidents sécuritaires ont été enregistrés dans cette région, causant 89 morts, 50 blessés et 51 personnes enlevées. Fin novembre, plus de 80.000 personnes étaient déplacées par les violences à l’intérieur de cette région.

Evaluation des besoins par l’ONU et ses partenaires humanitaires

Trois jours après l’attaque meurtrière dans le département d’Ouallam, les acteurs humanitaires au Niger ont mené une première mission sur place pour venir en aide aux populations déplacées.

Sous la coordination d’OCHA, des agences des Nations Unies*, des ONG nationales et internationales** ainsi que des structures gouvernementales nigériennes ont procédé à une évaluation rapide de la situation sur place afin de fournir une assistance d’urgence aux personnes récemment déplacées.

Suite à cette mission et aux résultats de l’évaluation, un plan de réponse humanitaire multisectoriel a été recommandé. Ce plan souligne que l’accès à la nourriture, à des abris et à des biens non alimentaires sont les besoins les plus urgents, souligne OCHA.

2.300 kits d’abris d’urgence et 2.300 kits de biens non alimentaires sont nécessaires D’autres besoins urgents sont signalés dans les secteurs de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement ainsi qu’en matière d’éducation : environ 700 élèves qui ont quitté l’école suite à l’attaque doivent être réinsérés dans le système scolaire.

Sur le plan de la santé, le plan recommande la mise en place de cliniques mobiles. En ce qui concerne la protection, les acteurs humanitaires exhortent les autorités nigériennes à rapidement identifier un site pour accueillir les personnes déplacées vivant dans le village de Mangaizé et procéder à leur enregistrement.

Une seconde mission conjointe d’évaluation multisectorielle a été conduite sur place du 12 au 13 janvier.

NOTE :

* Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Organisation internationale pour les migrations (OIM), Programme alimentaire mondial (PAM), Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

** Oxfam, PUI, ANTD, IRC, ACTED, COOPI, Save the Children, APBE, Islamic relief, Karkara, Goal et CIAUD.

 

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