Bosnie-Herzégovine : incertitude autour du sort des migrants du camp de Lipa (OIM)

5 janvier 2021

En Bosnie-Herzégovine, l’incertitude persiste autour du sort des migrants du camp de Lipa et des efforts sont menés pour aider des centaines d'entre eux qui sont sans abris en plein hiver.

« Les migrants dormant dans la rue reçoivent de la nourriture, des articles non alimentaires et certains services de soins médicaux de la Croix-Rouge, du Conseil danois pour les réfugiés et de l’OIM », a déclaré mardi, lors d’un point de presse par visioconférence, Peter Van der Auweraert, le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Bosnie-Herzégovine.

« Cependant, leur santé physique se détériore et certains signes montrent que la situation a des conséquences sur leur santé mentale », a ajouté le représentant de l’OIM dans ce pays. 

La « route des Balkans » a été traversée depuis 2018 par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants fuyant les conflits et la pauvreté au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. Selon l’OIM, la Bosnie-Herzégovine a accueilli 70.000 migrants et réfugiés depuis le début de 2018.

Ils sont actuellement environ 8.500 dans ce pays des Balkans. Selon Peter Van der Auweraert, près de 6.000 d’entre eux vivent dans des centres d’accueil, tandis « qu’entre 2.500 et 3.000 n’ont pas d’abri ». 

« S’il existe deux autres centres pouvant accueillir les migrants restants, cela n’a pas été possible en raison de l’absence de consensus entre le gouvernement central et les gouvernements locaux concernés », a-t-il précisé.
« Il est essentiel que l’accès à l’asile soit garanti ».

Pour l’OIM, le financement international est « suffisant pour héberger les 8.000 à 8.500 migrants et réfugiés actuellement en Bosnie-Herzégovine ». Or « la réponse politique a été quelque peu désordonnée et chaque hiver, des milliers de personnes ont dormi dans la rue », a fait valoir M. Van der Auweraert. 

Le camp de Lipa (nord-ouest du pays), qui hébergeait 1.300 à 1.500 migrants, a été en grande partie détruit par un incendie le 23 décembre. Selon les rapports des médias et des organismes humanitaires, ils ont vécu dans les ruines du site pendant une semaine, en attendant des solutions de rechange.

Les pensionnaires du camp ont par la suite rejoint environ 1.500 autres migrants, dont des femmes et des enfants, qui dorment dans la rue dans le canton d’Una Sana, à la frontière de la Bosnie avec la Croatie.
Au cours des deux dernières semaines, l’OIM a donc observé avec « une inquiétude croissante la situation humanitaire désastreuse à laquelle sont confrontés les migrants en Bosnie ».  

« L’OIM et ses partenaires apportaient leur soutien du mieux qu’ils le pouvaient, mais il était clair qu’une solution durable à long terme devait être trouvée », a insisté le représentant de l’OIM.

Pourtant, « dans l’ensemble, il semble y avoir un consensus au sein de la population sur le fait que les migrants doivent être traités avec humanité ». « La procédure actuelle de demande d’asile est extrêmement lente ; et pourtant, il est essentiel que l’accès à l’asile soit garanti », a conclu Peter Van der Auweraert.
 

 

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