Programme nucléaire iranien : l’ONU s’inquiète des tensions et du risque de dérapages

22 décembre 2020

L'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien peut améliorer la stabilité régionale s'il est pleinement mis en œuvre mais les tensions accrues ont mis en évidence les risques posés par une escalade, a déclaré mardi la cheffe des affaires politiques de l'ONU au Conseil de sécurité.

Rosemary DiCarlo s’exprimait lors d’une réunion virtuelle du Conseil sur cet accord, appelé Plan d’action global conjoint (JCPOA), qui détaille les règles de surveillance du programme nucléaire iranien et la voie à suivre pour assouplir les sanctions visant l’Iran.

Le JCPOA a été signé par l'Iran aux côtés de l'Union européenne et de cinq membres permanents du Conseil de sécurité : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Cependant, Washington s'est retiré de cet accord en mai 2018.

Mme DiCarlo a noté que ces dernières années ont été caractérisées par « des attaques contre des infrastructures essentielles, une rhétorique passionnée et un risque accru d'erreurs de calcul ».

« De telles actions approfondissent les différences liées au Plan et rendent les efforts pour résoudre d'autres conflits régionaux plus difficiles », a-t-elle déclaré. « Nous appelons toutes les parties concernées à éviter toute action qui pourrait entraîner une nouvelle escalade des tensions ».

Retrait et engagements réduits

En août dernier, les États-Unis ont annoncé qu'ils rétabliraient les sanctions levées à la suite de l'accord.

Mme DiCarlo a décrit cette décision comme contraire aux objectifs de l’accord sur le nucléaire iranien et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité sur sa mise en œuvre.

« Nous regrettons les mesures prises par les États-Unis lorsqu'ils se sont retirés du Plan, ainsi que les mesures prises par l'Iran pour réduire certains de ses engagements nucléaires dans le cadre du Plan », a-t-elle déclaré aux ambassadeurs.

Le JCPOA garantit que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ait un accès régulier aux sites en Iran et aux informations sur son programme nucléaire.

Si le pays s'est conformé à certaines dispositions, l'AIEA a indiqué qu'il avait dépassé les limites prescrites pour l'uranium enrichi, un élément essentiel de la production d'énergie nucléaire.

« L'Iran a déclaré son intention de rester dans le plan et que les mesures qu'il a prises sont réversibles. Il est essentiel que l'Iran s'abstienne de prendre de nouvelles mesures pour réduire ses engagements et revienne à la pleine mise en œuvre du plan », a déclaré la cheffe des affaires politiques de l’ONU.

Mme DiCarlo a commencé son exposé en soulignant les efforts de l'ONU en matière de non-prolifération.

Elle a rappelé que le Secrétaire général de l’ONU a souligné l'importance de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et a encouragé tous les pays à le soutenir.

« La question nucléaire iranienne est un sujet important de non-prolifération, avec des conséquences pour la paix et la sécurité régionales et mondiales », a déclaré Mme DiCarlo. « En réalisant le JCPOA, les pays concernés ont montré que leur dialogue et leur diplomatie, appuyés par un Conseil de sécurité uni, pouvaient ouvrir la voie au règlement de cette question. Nous espérons que ces pays et le Conseil pourront le faire à nouveau ».

 

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