Afghanistan : l’envoyée de l’ONU souligne les progrès réalisés dans le cadre des pourparlers de paix

17 décembre 2020

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation en Afghanistan, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour ce pays, Deborah Lyons, s’est félicitée des progrès, « petits mais réels », réalisés ces derniers mois par le gouvernement afghan et les Taliban dans le cadre de leurs pourparlers de paix.

Le 2 décembre, les deux parties ont annoncé qu'elles avaient accepté les « règles et procédures » pour les négociations. Elles ont ensuite formé un comité de travail pour discuter de l'ordre du jour, et se sont présentées l'une à l'autre une liste initiale de sujets de discussion. « Ces développements sont un signe précoce, mais positif, que les deux parties sont disposées et capables de faire des compromis en cas de besoin », a expliqué Mme Lyons aux membres du Conseil de sécurité.

Plus tôt cette semaine, après 93 jours de pourparlers ininterrompus, les parties ont convenu de prendre une pause de vingt jours et de revenir à la table des négociations le 5 janvier.

L’envoyée de l’ONU a remercié le Qatar d'accueillir les pourparlers à Doha, ainsi que les États-Unis et les membres du groupe de soutien du pays hôte - Allemagne, Indonésie, Norvège et Ouzbékistan - pour leurs efforts diplomatiques.

Ecouter la jeunesse

Mme Lyons a plaidé pour un processus inclusif, avec une participation significative des femmes, des jeunes, des minorités, des victimes de conflits et des chefs religieux.

Selon elle, la jeunesse afghane doit notamment être prise en compte. Les deux tiers des citoyens afghans ont moins de 25 ans. « C’est aussi la génération de jeunes la plus éduquée de l’histoire de l’Afghanistan. Les jeunes Afghans ont une vision claire de l’avenir de leur pays et nous devons faire tout notre possible pour amplifier leur voix », a-t-elle dit.

Pour arriver à une paix durable, Mme Lyons a également estimé que la coopération dans toute la région, en Asie centrale et du Sud, sera essentielle. « Un commerce et une connectivité accrus jetteront les bases de la paix et de la prospérité régionale. Il est donc important de soutenir les efforts régionaux, et je tiens particulièrement à prendre note aujourd'hui des efforts régionaux de lutte contre les stupéfiants et la criminalité transnationale organisée », a-t-elle dit.

Elle a noté que la violence incessante demeure un sérieux obstacle à la paix et une menace pour la région. Selon elle, « le sens et la perception de la violence et de l'insécurité sont plus élevés que jamais » en Afghanistan. « Je demande à tous les pays de continuer à faire pression sur toutes les parties au conflit pour qu’elles réduisent durablement la violence », a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que lors de la Conférence sur l'Afghanistan de 2020 à Genève, la communauté internationale s'est réunie pour réaffirmer son soutien financier à ce pays et pour envoyer un signal clair au peuple afghan : « la communauté internationale est toujours à vos côtés ».

« 2020 a apporté un changement profond pour ce pays, avec l'accord américano-taliban, la déclaration conjointe américano-gouvernement afghan, trois mois de négociations intra-afghanes, le renouvellement des engagements des donateurs internationaux, et un effort de coopération régionale renouvelé. Le tout sous un nouveau gouvernement à Kaboul », a-t-elle conclu. « Mais une année plus importante est à venir - une transition sécuritaire complète, des négociations de paix qui doivent progresser et qui vont progresser, les défis sanitaires et socio-économiques de la Covid, l'engagement continu des donateurs internationaux et les résultats attendus d'une coopération régionale encore plus poussée ». 

 

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