Éthiopie : la situation humanitaire est de plus en plus critique au Tigré (HCR)

8 décembre 2020

Plus d’un mois après le début des combats dans la région du Tigré, « la situation humanitaire est de plus en plus critique » dans cette province septentrionale éthiopienne, a alerté mardi un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

L’Agence de l’ONU pour les réfugiés s’est dite préoccupée de « la sûreté et la sécurité des civils en général et des réfugiés érythréens qui s’y trouvent ».

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles des réfugiés auraient pu se déplacer à l’intérieur du Tigré », a déclaré Babar Baloch, porte-parole du HCR, lors du point de presse bi-hebdomadaire de l’ONU à Genève.

Le HCR indique avoir reçu des informations faisant état de réfugiés cherchant de la nourriture et de la sécurité à Makala et dans d’autres régions du Tigré.

« Nous avons également des rapports sur des réfugiés érythréens qui ont atteint un endroit appelé Gondar dans la région d’Amhara », a indiqué M. Baloch, ajoutant que l’Agence aide également certains de ceux qui ont atteint Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

D’autres rapports indiquent qu’« un petit nombre de réfugiés érythréens seraient arrivés au Soudan ». Mais « le manque d’accès signifie que nous ne pouvons pas atteindre les (96.000) réfugiés et d’autres, qui sont dans le besoin », a regretté M. Baloch.

Il est vital que les organisations humanitaires puissent aider les gens

« Il est vital que les organisations humanitaires soient en mesure d’assister rapidement les gens, en accord avec les règles universelles d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance opérationnelle », a-t-il dit.

Vendredi dernier, le HCR s’était déjà « prêt à reprendre l’ensemble de ses activités d’aide humanitaire dans la région du Tigré dès que la situation le permettra, suite à l’accord (entre l’ONU dans le pays et le gouvernement fédéral) pour lever les restrictions d’accès » afin que les organisations humanitaires puissent fournir une aide aux civils affectés par un mois de conflit.

Malheureusement jusqu’à présent cet accès ne s’est pas concrétisé - Babar Baloch, porte-parole du HCR

« Malheureusement jusqu’à présent cet accès ne s’est pas concrétisé. Mais sans accès, nous ne pouvons pas les atteindre et vérifier aussi ce qui s’est passé ou ce qui se passe là-bas », a-t-il souligné, ajoutant que cela faisait un mois que le HCR n’avait eu accès aux quelques 96.000 réfugiés érythréens installés au Tigré.

Pour l’agence onusienne, il est « essentiel que les humanitaires puissent « évaluer d’urgence les besoins sur place ». « Nous espérons donc qu’une fois que nous aurons obtenu l’accès à la région, nous pourrons évaluer les personnes et voir ce qui s’est passé au cours du dernier mois », a insisté le porte-parole.

Le Tigré est privé de tout approvisionnement depuis le 4 novembre. A ce sujet, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit lundi très préoccupé par la situation actuelle dans cette province et a estimé « essentiel de restaurer rapidement l’Etat de droit, dans le plein respect des droits de l’homme ».

Plus de 49.000 réfugiés éthiopiens au Soudan

Parallèlement, au Soudan voisin, les arrivées de réfugiés éthiopiens continuent et leur nombre total a désormais dépassé les 49.000. Plus de 1.200 personnes sont arrivées depuis vendredi dernier.

« Nous avons connu un pic la semaine dernière et maintenant, si je comprends bien, les chiffres sont en moyenne de 400 à 600 arrivées », a détaillé le porte-parole du HCR, précisant que les chiffres ont augmenté ou diminué.

Les réfugiés qui arrivent signalent un nombre croissant de points de contrôle - Babar Baloch, porte-parole du HCR

Plus largement, l’agence onusienne s’inquiète aussi du sort des Ethiopiens qui veulent quitter leur pays pour se réfugier au Soudan.

« On s’inquiète de la situation de ces civils qui veulent s’enfuir et chercher la sécurité au Soudan, et qui ont peut-être été empêchés », a fait remarquer M. Baloch.

« Les réfugiés qui arrivent signalent un nombre croissant de points de contrôle », a-t-il ajouté.

Et même s’il est « très difficile pour eux d’atteindre » la frontière soudano-éthiopienne, les Ethiopiens du Tigré continuent de se réfugier au Soudan.

« Le problème est qu’il est très difficile d’établir ce qui se passe à l’intérieur de la région du Tigré à ce stade », a conclu le porte-parole du HCR.

 

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