Coronavirus : l’OMS prône une stratégie de vaccination bien élaborée

7 décembre 2020

Alors que le Royaume-Uni sera mardi le premier pays en Europe à autoriser la mise sur le marché d’un vaccin (Pfizer-BioNTech) contre le coronavirus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle l’importance d’une campagne de vaccination à l’échelle mondiale basée sur une stratégie protégeant d’abord les plus vulnérables.

Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, la priorité est de protéger le personnel soignant, puis les maisons de retraite.

« Alors que les pays prévoient de déployer les vaccins anti-Covid-19 dans les semaines et les mois à venir, nous les invitons instamment à donner la priorité à la vaccination des personnes qui en ont le plus besoin », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur de l’OMS, lors d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève.

Face à des choix et des « décisions qui ne sont pas faciles », l’agence onusienne estime que « la vaccination du personnel soignant, qui est exposé à un risque élevé d’infection » contribuera à les protéger, eux et le système de santé.

« Les personnes les plus exposées à une maladie grave ou à un décès en raison de leur âge constituent également un groupe hautement prioritaire, car leur protection permettra de réduire les maladies graves et les décès et d’alléger le fardeau des systèmes de santé », a détaillé le Dr Tedros.

Par la suite, avec l’augmentation de l’offre, « les prochains groupes comprendraient ceux qui ont un risque plus élevé de maladie grave en raison de leurs conditions sous-jacentes, et les groupes marginalisés à risque plus élevé ». Une façon pour l’OMS de rappeler que lors des premières étapes du déploiement du vaccin, avec seulement une petite proportion de la population d’un pays vaccinée, il est vital que les gouvernements, les communautés et les individus continuent à utiliser « des outils de santé publique reconnus ».

Aux pays de décider si le vaccin doit être « obligatoire »

En réponse à une question sur le fait de rendre le vaccin obligatoire, l’agence onusienne note que c’est aux pays d’en décider. 

« Les pays où différents règlements existent sont basés sur des campagnes sur les enfants. Or là, il s’agit d’un vaccin qui va concerner tout le monde, y compris des adultes », a affirmé la Dr Soumya Swaminathan, responsable scientifique de l’OMS, ajoutant qu’il faut cibler les personnes prioritaires dans un premier temps.

« Je pense que nous n’envisageons pas que des pays créent un mandat (obligatoire) pour les vaccinations », a ajouté de son côté, Kate O’Brien, Directrice du département des vaccins à l’OMS. « Il peut y avoir certains pays ou certaines situations dans des pays où les circonstances professionnelles l’exigent ou recommandent fortement de se faire vacciner ».

Sur un autre plan, l’OMS a également souligné qu’en plus des tests, il est important de savoir où se trouve le virus et combien de personnes ont pu être infectées sans présenter de symptômes ou sans avoir été diagnostiquées par un test.

« Pour ce faire, les études de séroprévalence sont importantes, qui recherchent les anticorps dans le sang des individus, afin d’évaluer l’étendue de l’infection dans différentes populations », a ajouté le Dr Tedros.

Pour le chef de l’OMS, les études de séroprévalence peuvent aider à comprendre combien de temps dure l’immunité contre l’infection naturelle, « ce qui pourrait également nous aider à comprendre combien de temps pourrait durer l’immunité contre la vaccination ». 

L’OMS espère se rendre en Chine dès que possible

En attendant, des centaines d’études ont été réalisées dans le monde entier, qui varient en termes de qualité, de méthodes et de types de tests utilisés. Certaines suivent des personnes ou des populations au fil du temps pour montrer comment une réponse d’anticorps chez l’individu, ou la séroprévalence dans les populations, change avec le temps.

« Malgré leurs limites, leurs résultats sont assez cohérents : ils nous disent que la majeure partie de la population mondiale reste susceptible d’être infectée par le coronavirus », a fait valoir le chef de l’OMS.

Plus largement, il s’agit d’apprendre la portée ou la force des réponses immunitaires dans différentes populations et combien de temps dure cette réponse immunitaire.

« Nous continuons à travailler avec nos réseaux mondiaux pour mieux comprendre la proportion de la population mondiale qui a été exposée à ce virus et combien de temps dure l’immunité chez les personnes qui ont été infectées », a déclaré le Dr Tedros.

Par ailleurs, l’OMS a réitéré son souhait de se rendre en Chine « dès que possible » pour étudier les origines du nouveau coronavirus. « Nous prévoyons et espérons être sur place le plus rapidement possible », a déclaré le Dr Tedros, en réponse à une question des journalistes.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.528.984 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre. Selon un bilan établi lundi par l’OMS, plus de 66,24 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans le monde.

 

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