2 décembre 2020

De nombreux pays ont récemment annoncé des engagements majeurs pour réduire considérablement leurs émissions de carbone, promettant d'atteindre « zéro émission nette » dans les années à venir. Le terme est en train de devenir un cri de ralliement mondial, fréquemment cité comme une étape nécessaire pour réussir à lutter contre le changement climatique et les ravages qu'il provoque.

Que veut dire « zéro émission nette » et pourquoi est-ce important ?

En termes simples, « zéro émission nette » signifie que nous n’ajoutons pas de nouvelles émissions dans l’atmosphère. Les émissions continueront, mais seront équilibrées en absorbant une quantité équivalente de l'atmosphère.

Pratiquement tous les pays ont adhéré à l'Accord de Paris sur le changement climatique, qui appelle à maintenir la température mondiale à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux de l'ère préindustrielle. Cependant, si nous continuons à produire les émissions qui causent ce changement climatique, les températures continueront d'augmenter bien au-delà de 1,5 degré, à des niveaux qui menacent la vie et les moyens de subsistance des gens partout dans le monde.

C'est pourquoi un nombre croissant de pays s'engagent à atteindre la neutralité carbone, ou « zéro émission nette », au cours des prochaines décennies. C’est une tâche énorme, qui nécessite des actions ambitieuses dès maintenant.

Le « zéro net » d'ici 2050 est l'objectif. Mais les pays doivent également montrer comment ils y parviendront. Les efforts pour atteindre le zéro net doivent être complétés par des mesures d'adaptation et de résilience, ainsi que par la mobilisation de financements climatiques pour les pays en développement.

Unsplash/Appolinary Kalashnikova
Un parc éolien au Monténégro. L'énergie propre, comme l'énergie éolienne, est un élément clé pour atteindre l'objectif de zéro émission nette.

Alors, comment le monde peut-il évoluer vers le zéro net ?

La bonne nouvelle est que la technologie existe pour atteindre le zéro net - et qu'elle est abordable.

Un élément clé consiste à alimenter les économies avec une énergie propre, en remplaçant le charbon polluant - et les centrales électriques au gaz et au mazout - par des sources d'énergies renouvelables, telles que les parcs éoliens ou solaires. Cela réduirait considérablement les émissions de carbone. De plus, les énergies renouvelables sont désormais non seulement plus propres, mais souvent moins chères que les combustibles fossiles.

Un passage au transport électrique, alimenté par des énergies renouvelables, jouerait également un rôle majeur dans la réduction des émissions, avec en prime une réduction de la pollution atmosphérique dans les grandes villes du monde. Les véhicules électriques deviennent rapidement moins chers et plus efficaces, et de nombreux pays, y compris ceux qui se sont engagés à l’objectif zéro net, ont proposé des plans pour éliminer progressivement la vente de voitures fonctionnant aux combustibles fossiles.

D'autres émissions nocives proviennent de l'agriculture (le bétail produit des niveaux importants de méthane, un gaz à effet de serre). Ceux-ci pourraient être considérablement réduits si nous mangeons moins de viande et plus d'aliments d'origine végétale. Là encore, les signes sont prometteurs, comme la popularité croissante des « viandes végétales » désormais vendues dans les grandes chaînes internationales de restauration rapide.

Unsplash/Marc Heckner
Un véhicule hybride électrique à une borne de recharge en Allemagne.

Qu'arrivera-t-il aux émissions restantes ?

La réduction des émissions est extrêmement importante. Pour arriver à zéro net, nous devons également trouver des moyens d'éliminer le carbone de l'atmosphère. Là encore, des solutions sont à portée de main. Les plus importantes existent dans la nature depuis des milliers d'années.

Ces « solutions fondées sur la nature » comprennent les forêts, les tourbières, les mangroves, le sol et même les forêts d'algues souterraines, qui sont toutes très efficaces pour absorber le carbone. C'est pourquoi d'énormes efforts sont déployés dans le monde entier pour sauver les forêts, planter des arbres et réhabiliter les tourbières et les mangroves, ainsi que pour améliorer les techniques agricoles.

Qui est responsable d'atteindre le zéro net ?

Nous sommes tous responsables en tant qu’individus, en termes de changement de nos habitudes et de vie d’une manière qui soit plus durable, et qui fait moins de mal à la planète, en apportant le type de changements de style de vie mis en évidence dans la campagne Agir maintenant de l’ONU.

Le secteur privé doit également s’engager dans l’action et il le fait par le biais du Pacte mondial des Nations Unies, qui aide les entreprises à s’aligner sur les objectifs environnementaux et sociétaux de l’ONU.

Il est clair, cependant, que la principale force motrice du changement sera exercée au niveau du gouvernement national, par exemple par le biais de lois et de réglementations visant à réduire les émissions.

De nombreux gouvernements vont maintenant dans la bonne direction. D'ici début 2021, les pays représentant plus de 65% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et plus de 70% de l'économie mondiale auront pris des engagements ambitieux en matière de neutralité carbone.

L'Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que plus de 110 autres pays, ont promis la neutralité carbone d'ici 2050. La Chine dit qu'elle le fera avant 2060.

PNUD
La restauration des habitats naturels comme sur cette photo à Cuba aidera à ralentir le changement climatique

Ces engagements sont-ils plus que de simples déclarations politiques ?

Ces engagements sont des signaux importants de bonnes intentions pour atteindre l'objectif, mais doivent être soutenus par une action rapide et ambitieuse. Une étape importante consiste à fournir des plans d'action détaillés sous forme de contributions déterminées au niveau national (CDN). Celles-ci définissent des objectifs et des actions pour réduire les émissions dans les 5 à 10 prochaines années. Elles sont essentielles pour orienter les bons investissements et attirer suffisamment de financement.

À ce jour, 186 parties à l'Accord de Paris ont développé des CDN. Cette année, elles devraient soumettre des plans nouveaux ou mis à jour démontrant une ambition et une action plus élevées.

Le zéro net est-il réaliste ?

Oui ! Surtout si chaque pays, ville, institution financière et entreprise adopte des plans réalistes pour passer à zéro émission nette d'ici 2050.

La reprise après la pandémie de Covid-19 pourrait être un tournant important et positif. Lorsque les plans de relance économique entreront en vigueur, il y aura une véritable opportunité de promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables, les bâtiments intelligents, les transports verts et publics, et toute une série d'autres interventions qui aideront à ralentir le changement climatique.

Mais tous les pays ne sont pas dans la même position pour influer sur le changement, n'est-ce pas ?

C’est absolument vrai. Les grands émetteurs, tels que les pays du G20 (les 20 économies les plus importantes du monde), qui génèrent 80% des émissions de carbone, en particulier, doivent augmenter considérablement leurs niveaux actuels d'ambition et d'action.

Gardez également à l'esprit que des efforts beaucoup plus importants sont nécessaires pour renforcer la résilience dans les pays vulnérables et pour les personnes les plus vulnérables ; ils font le moins pour causer le changement climatique mais en subissent les pires impacts. Cependant, les actions de résilience et d'adaptation n'obtiennent pas le financement dont elles ont besoin.

Même s'ils visent le zéro net, les pays développés doivent tenir leur engagement de fournir 100 milliards de dollars par an pour l'atténuation, l'adaptation et la résilience dans les pays en développement.

Unsplash/Daniel Moqvist
Les gouvernements nationaux sont les principaux moteurs du changement pour réduire les émissions nocives.

Que fait l'ONU pour promouvoir l'action climatique ?

Elle soutient un processus plus large de consensus mondial sur les objectifs climatiques à travers l'Accord de Paris et le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

C'est une source majeure de découvertes scientifiques et de recherche sur le changement climatique.

Dans les pays en développement, elle aide les gouvernements à mettre en place et à surveiller les CDN et à prendre des mesures pour s'adapter au changement climatique, par exemple en réduisant les risques de catastrophe et en établissant une agriculture intelligente face au climat.

Quelques faits sur le climat :

La Terre est maintenant 1,1 degré Celsius plus chaude qu'elle ne l'était au début de la révolution industrielle. Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs convenus dans l'Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, qui stipulait de maintenir l'augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius ou à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.

2010-2019 est la décennie la plus chaude jamais enregistrée. Sur la trajectoire actuelle des émissions de dioxyde de carbone, la température mondiale devrait augmenter de 3 à 5 degrés Celsius d'ici la fin du siècle.

Pour éviter le pire réchauffement (augmentation maximale de 1,5 degré Celsius), le monde devra réduire la production de combustibles fossiles d'environ 6% par an entre 2020 et 2030. Les pays planifient et prévoient plutôt une augmentation annuelle moyenne de 2%.

L'action pour le climat ne fait pas exploser le budget et ne détruit pas l'économie. En fait, le passage à une économie verte créera des emplois. Cela pourrait générer un gain économique direct de 26.000 milliards de dollars d’ici 2030 par rapport au statu quo. Et il s'agit probablement d'une estimation prudente.

 

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