Libéria : le HCR envoie du matériel de secours par avion-cargo pour venir en aide aux réfugiés ivoiriens

24 novembre 2020

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a acheminé, hier lundi, par avion-cargo une cargaison de près de 100 tonnes de matériel de secours, alors que près de 15.000 Ivoiriens ont déjà rejoint le Libéria en quête de sécurité.

Cet avion-cargo affrété par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a atterri dans la matinée du lundi à Monrovia, la capitale du Libéria. La cargaison comprend des couvertures, des jerrycans, des kits d’ustensiles de cuisine, des bâches en plastique et des lampes à énergie solaire pour les réfugiés qui ont fui les violences en Côte d’Ivoire.

Les besoins sont croissants, et nous mettons tout en œuvre pour y répondre - Roseline Okoro, Représentante du HCR au Libéria

Ces articles provenant de l’entrepôt de stockage du HCR à Amman (Jordanie) seront distribués aux réfugiés qui se trouvent à proximité de la frontière ivoirienne. Selon l’agence onusienne, davantage de matériel de secours arrivera sous peu.

« Les besoins (des réfugiés ivoiriens) sont croissants, et nous mettons tout en œuvre pour y répondre », a déclaré Roseline Okoro, Représentante du HCR au Libéria.

Les affrontements qui ont eu lieu au cours de ce mois entre les partisans de l’opposition et ceux du gouvernement dans les régions du Centre et du Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire ont contraint des milliers d’Ivoiriens à fuir vers le Libéria.

Bien que la grande majorité des réfugiés ivoiriens se soient rendus au Liberia, certains ont également fui vers le Ghana (665), la Guinée (367) ou le Togo (25).

Le HCR remercie d’ailleurs les pays de la région qui accueillent des réfugiés malgré les restrictions dues à la pandémie de Covid-19.

Des milliers de déplacés internes, en majorité dans l’ouest de la Côte d’Ivoire

Selon l’agence onusienne, deux nouveaux réfugiés sur trois sont des mineurs, dont beaucoup ne sont accompagnés que d’un frère ou d’une sœur plus âgés ou d’un grand-parent. Les abris et autres ressources sont devenus rares et les nouveaux arrivants dorment dans des écoles et des églises.

« Chaque jour de cette semaine, des centaines de réfugiés ivoiriens sont arrivés », a ajouté Mme Okoro, relevant que « la plupart sont des enfants, dont beaucoup arrivent épuisés et souffrant de malnutrition ».

Beaucoup des réfugiés qui arrivent aujourd’hui avaient été déplacés après les violences électorales de 2010 - Roseline Okoro, Représentante du HCR au Libéria

A l’intérieur de la Côte d’ivoire, des milliers d’Ivoiriens ont été également déplacés par les violences, en majorité dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, près de la frontière avec le Libéria.

« Les autorités ivoiriennes procèdent à leur enregistrement », précise le HCR, qui fournit des vivres et des articles de première nécessité aux déplacés dans le cadre d’une réponse conjointe des Nations Unies.

Par ailleurs, des efforts sont en cours pour « apaiser les tensions et renforcer la cohésion sociale » en Côte d’Ivoire. Mais les souvenirs d’il y a dix ans, lorsque les violences post-électorales ont coûté la vie à plus de 3.000 Ivoiriens, en ont forcé plus de 300.000 à fuir par-delà les frontières et en ont déplacé plus d’un million à l’intérieur du pays, restent vivaces. 

« Beaucoup des réfugiés qui arrivent aujourd’hui avaient été déplacés après les violences électorales de 2010 », a précisé Roseline Okoro.

« Ils ont maintenant été forcés de fuir à nouveau, craignant que la violence récente ne s’intensifie », a-t-elle conclu.

 

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