La communauté internationale doit continuer à aider l’Afghanistan (HCR)

23 novembre 2020

La communauté internationale doit continuer à « rester engagée envers l’Afghanistan actuellement confronté à une période critique», a plaidé lundi, Filippo Grandi, le chef de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés, juste avant le début d’une conférence internationale des donateurs, qui se déroule les 23 et 24 novembre à Genève.

Le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés prévient des graves conséquences si le monde détourne son attention de l’Afghanistan et réitère l’importance de trouver des solutions pour la population afghane déracinée.

« L’avenir de millions d’Afghans dépend à la fois du succès des pourparlers de paix ainsi que de l’engagement de la communauté internationale envers le développement de l’Afghanistan », a déclaré Filippo Grandi, après une visite de cinq jours dans le pays, selon un communiqué du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

L’opportunité de faire état de cet engagement par des mesures concrètes et durables - Filippo Grandi, Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés

Le chef du HCR a appelé à un soutien accru envers les réfugiés, les déplacés internes et les rapatriés afghans. Il a exprimé l’espoir que cette conférence des donateurs de Genève, sera « l’opportunité de faire état de cet engagement par des mesures concrètes et durables ».  

La conférence, qui se tient sous format hybride, mais en grande partie par visioconférence à partir de lundi au Palais des nations, doit déterminer les objectifs communs de développement et les engagements financiers pour la période 2021 du gouvernement afghan et de la communauté internationale.

Par ailleurs, M. Grandi a aussi rappelé l’urgence de conclure les négociations de paix entre le gouvernement afghan et les talibans, « mais à condition que cet accord de paix préserve véritablement la sécurité, le bien-être et les droits de toutes les femmes et de tous les hommes en Afghanistan ». « Un tel accord est indispensable pour mettre fin au conflit qui non seulement dévaste des vies mais qui reste aussi la principale cause du déplacement forcé », souligne le communiqué du HCR.

« L’échec » de Doha et de Genève « verrait l’Afghanistan opérer un retour en arrière »

« L’échec de l’un ou l’autre », a-t-il ajouté, « verrait l’Afghanistan opérer un retour en arrière avec des conséquences catastrophiques, y compris de nouveaux déplacements de populations potentiellement à grande échelle. « Nous avons déjà vu cela se produire à plusieurs reprises au cours des dernières décennies », a-t-il mis en garde, relevant qu’un tel « scénario désastreux nécessiterait la mobilisation d’une aide humanitaire massive dans les conditions les plus difficiles en termes de sécurité et de logistique ».

Filippo Grandi a également appelé à la cessation immédiate des violences, qui ne cessent d’augmenter. Selon le chef du HCR, avec cette « tendance actuelle et croissante d’actes de violence, l’objectif est de tuer, de mutiler, de semer la terreur et de déplacer chaque jour des civils afghans, comme l’a encore montré l’attaque survenue samedi à Kaboul ».

Il a rappelé que, durant la seule année 2020, quelque 300.000 Afghans ont été forcés de fuir les violences. Leurs besoins en aide viennent s’ajouter à ceux des trois millions de déplacés de force et des millions d’Afghans privés de moyens de subsistance par la pandémie de Covid-19.

M. Grandi a réitéré l’engagement de son agence envers les 2,4 millions d’Afghans qui, eux, ont trouvé refuge dans les pays limitrophes. Il a rappelé les initiatives visant à faciliter leur retour librement consenti et leur réintégration durable dans le cadre d’une stratégie régionale menée par l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan avec l’appui du HCR, des pays donateurs et d’institutions internationales de développement. Cette stratégie vise à trouver des solutions pour les réfugiés et à apporter un soutien aux pays d’accueil.

Le Haut-Commissaire s'est dit encouragé « de constater l’engagement renouvelé du gouvernement afghan, y compris son appui pour des initiatives concrètes dans des zones prioritaires de retour, pour aider à la réintégration des rapatriés et des déplacés internes ».

 

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