Méditerranée : 11 migrants morts noyés au large de la Libye (OIM)

26 octobre 2020

Les naufrages meurtriers de migrants continuent en mer Méditerranée centrale, avec au moins 11 d’entre eux morts noyés au large de la Libye ce week-end, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Sur la plage, des bâches noires renfermant des cadavres sont étalées le long d’une dune. « Les images de corps alignés sur les côtes libyennes sont devenues trop familières », a déclaré lundi Safa Msehli sur Twitter, photo à l’appui.

Cette porte-parole de l’OIM à Genève a confirmé la veille sur le réseau social qu’au moins 11 migrants se sont noyés dimanche matin lorsque leur embarcation a chaviré au large de la Libye, selon le témoignage de 10 survivants secourus par des pêcheurs et des garde-côtes.

« Malgré des décès continus, très peu de mesures ont été prises par les États pour sauver des vies », a déploré Mme Msehli le jour du naufrage. « Les pertes en vies humaines se poursuivent au milieu d’une hostilité pure et simple, du durcissement des politiques et du refus d'aider », a ajouté la porte-parole au lendemain de la tragédie.

L’OIM n’a pas précisé ni le lieu exact du naufrage de dimanche, ni la nationalité des victimes. Mais il s’agit d’un énième drame de la migration en Méditerranée. Selon l’agence onusienne, ce dernier drame est le troisième naufrage meurtrier enregistré la semaine dernière.

Dans l’après-midi de jeudi, un navire a chaviré au large de l’île italienne de Lampedusa. Quinze survivants de Libye, du Maroc, de Tunisie et d'Algérie ont été secourus par des pêcheurs et amenés à terre. Parmi les personnes portées disparues et présumées décédées, figurent quatre ressortissants libyens et un Marocain. Lundi dernier, le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la ville côtière de Sabratha, dans l’ouest de la Libye, avait fait 15 morts, dont deux enfants.

500 migrants morts cette année en Méditerranée centrale

A ce jour, au moins 500 migrants ont trouvé la mort cette année dans la partie centrale de la mer Méditerranée. L’OIM craint toutefois qu’en raison du manque d’efforts de suivi et de surveillance, le nombre de victimes soit beaucoup plus élevé et que des « naufrages invisibles » continuent de se produire « sans que la communauté internationale ne s’en aperçoive ».

Par ailleurs, l’agence onusienne estime que plus de 430 Libyens ont tenté de se rendre en Italie cette année, contre environ 240 l’année dernière au cours de la même période. « La hausse du nombre de ressortissants libyens qui tentent de faire le voyage reflète les conditions très difficiles dans le pays », fait valoir l’OIM, rappelant « la détérioration de la situation économique, gravement affectée par près d’une décennie de conflits et de troubles ».

« La perte continue de vies humaines en Méditerranée centrale que nous rapportons depuis des années est directement liée au manque d'opérations de sauvetage en mer », a déclaré Federico Soda, le chef de mission de l'OIM en Libye, dans un communiqué publié vendredi.

Selon M. Soda, l’absence de mesures concrètes pour combler le déficit de capacité de recherche et de sauvetage dans ce qu’il a qualifié de « traversée maritime la plus dangereuse du monde » et pour garantir le débarquement rapide des personnes secourues dans des ports sûrs est inacceptable. « Une plus grande solidarité de tous les États membres de l'Union européenne avec les pays accueillant des migrants secourus est également nécessaire », a-t-il ajouté.

Alors que les départs de migrants depuis des pays d'Afrique du Nord touchés par des conflits ont augmenté cette année par rapport à 2019, très peu de mesures ont été prises pour augmenter les moyens de secours. La situation est aggravée par des restrictions croissantes sur le travail des navires des ONG, des retards inacceptables et prolongés dans le débarquement et le refus des États d'apporter leurs aides.

L'OIM a constamment et à plusieurs reprises appelé à un changement d'approche de la situation en Libye et en Méditerranée centrale. Cela comprend le redéploiement des navires de recherche et de sauvetage, la mise en place d'un mécanisme de débarquement clair suivi de la solidarité des États, et la levée de toutes les restrictions sur le travail vital des ONG.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Libye : les vols humanitaires du HCR reprennent après sept mois de suspension

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a évacué la nuit dernière de Libye un groupe de 153 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables vers ses installations de transit d’urgence au Niger.