Il faut repenser la gestion des forêts et des systèmes alimentaires qui en dépendent (FAO)

7 octobre 2020

Il est nécessaire d'opérer un changement transformationnel dans notre manière de gérer les forêts et leur biodiversité, de produire et de consommer des aliments et d'interagir avec la nature, si nous entendons « reconstruire en mieux » après la pandémie de la Covid-19 et réaliser les Objectifs de développement durable (ODD). Tel est le principal message de Qu Dongyu, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), lors de la 25e session du Comité des forêts.

Cette année, la session du Comité des forêts se tient du 5 au 9 octobre à distance et a pour thème « Les forêts et la Décennie d'action pour les ODD : des solutions en faveur de l'adaptation au changement climatique, de la biodiversité et des populations ».

Dans son allocution d'ouverture, le Directeur général de la FAO a souligné que la pandémie avait montré que les forêts pouvaient servir de filet de sécurité - en particulier aux personnes pauvres et vulnérables - en période de crise, en offrant de nombreuses possibilités de « reconstruire en mieux ». 

Étant donné que la déforestation et la dégradation des forêts se poursuivent à un rythme alarmant, en grande partie à cause de l'expansion agricole, nous devons trouver des moyens d'accroître la production agricole et d'améliorer la sécurité alimentaire sans réduire la superficie forestière, a déclaré M. Qu, avant d'appeler à modifier notre état d'esprit en profondeur et à repenser nos modèles d'activité.

« L'arrêt de la déforestation et le renforcement du reboisement doivent être un élément fondamental de la transformation durable des systèmes alimentaires », a souligné le Directeur général de la FAO.

Il a aussi exhorté à redoubler d'efforts pour exploiter pleinement le potentiel des forêts et de la diversité alimentaire et à accroître les investissements dans le secteur des forêts durables. En effet, ces actions sont cruciales pour la réalisation des objectifs mondiaux tels que l'élimination de la faim et de la pauvreté, l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets, ainsi que la conservation de la biodiversité.

Transformer nos systèmes alimentaires

Le mois dernier, la FAO a lancé l’Initiative villes vertes dont l'objectif est de transformer les systèmes agroalimentaires, d'éliminer la faim et d'améliorer la nutrition en zone urbaine. 

Pour M. Qu, les villes sont essentielles pour « reconstruire en mieux » car elles disposent « des capacités, des technologies, des investissements, des informations et du pouvoir d'achat ». Il a ajouté qu'elles pouvaient être à la fois « le promoteur et le moteur de la transformation ».

« La Covid-19 nous a appris que nous devons renforcer les capacités d'intervention en cas d'urgence », a, pour sa part, déclaré Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Elle a précisé qu'un rétablissement respectueux de l'environnement après la pandémie devrait passer par la promotion de forêts saines et restaurées à l'issue de la transition préconisée par la Convention sur la diversité biologique, en mettant la priorité sur la préservation des écosystèmes intacts, la restauration des écosystèmes dégradés et le ralentissement de la dégradation. 

«Toutefois, pour que cette transition s'opère, nous devons transformer nos systèmes alimentaires, qui sont la principale cause de la déforestation et de l'appauvrissement de la biodiversité », a-t-elle ajouté.

Virginijus Sinkevičius, Commissaire européen à l'environnement, aux océans et à la pêche, quant à lui, a déclaré que « les forêts et les arbres contribuent aux quatre piliers de la sécurité alimentaire que sont la disponibilité, l'accès, l'utilisation et la stabilité. Si nous ne parvenons pas à concrétiser l'Objectif de développement durable (ODD) 15, en particulier à gérer les forêts de manière durable, à endiguer l'appauvrissement de la biodiversité et à inverser la tendance dans ce domaine, nous n'arriverons pas non plus à libérer le monde de la faim ni, plus largement, à réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030 ».

Unsplash/Matt Howard
Aux États-Unis, les plus grands incendies jamais enregistrés se sont produits à la fin de l’été et en automne. Ici à Klamath National Forest en Californie, aux Etats-Unis

Vingt-cinquième session du Comité des forêts

Le Comité des forêts est l'organe statutaire le plus élevé de la FAO dans le domaine des forêts. La 25e session du Comité des forêts et la septième édition de la Semaine mondiale des forêts (2-12 octobre) porteront notamment sur les contributions que le secteur forestier peut apporter à la Décennie d'action pour les ODD et au rétablissement après la pandémie de Covid-19, y compris sur les solutions en faveur de l'adaptation au changement climatique, de la biodiversité et des populations.

Plus particulièrement, le Comité examinera une série de questions importantes de portée mondiale, dont les répercussions du Covid-19 sur le secteur forestier et les moyens d'y faire face, le rôle des forêts dans la transformation des systèmes alimentaires et l'atténuation des effets du changement climatique, ainsi que les contributions du secteur forestier à la Décennie des Nations Unies pour l'agriculture familiale et à la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. 

 

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