En RCA, les élections doivent être organisées dans les délais et l’accord de paix mis en œuvre

4 octobre 2020

Lors d’une réunion de haut niveau sur la République centrafricaine (RCA) organisée jeudi dernier, le gouvernement et ses partenaires internationaux - dont l’ONU - ont exprimé leur ferme engagement à soutenir la tenue d’élections dans le respect des délais constitutionnels et la mise en œuvre intégrale et effective de l’accord de paix.

La réunion, organisée en marge de la 75ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies a été présidée par le Président de la RCA, Faustin Archange Touadéra ; le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat ; et le Président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Gilberto Da Piedade Veríssimo. Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, les facilitateurs de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA et les membres du Groupe international de soutien à la RCA ont également pris part à la réunion.

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Les élections législatives et le premier tour du scrutin présidentiel centrafricains doivent se tenir le 27 décembre 2020, dans moins de 90 jours. Renouvelant son engagement en faveur d’un « processus démocratique et apaisé » en RCA, le Président centrafricain a mis en avant les progrès réalisés dans la préparation des élections. Des progrès salués par les autres participants qui ont également loué le dialogue engagé par M. Touadéra avec les dirigeants de l’opposition, les anciens chefs d’État, les acteurs de la société civile, les syndicats et les chefs religieux.

M Touadera, qui est candidat à sa réélection, a réitéré la volonté du gouvernement de respecter les délais constitutionnels et de tenir des élections « libres, régulières, transparentes, inclusives et crédibles ». Des conditions nécessaires ont souligné les autres participants de la réunion.

Obstructions et menaces de certains groupes armés sur le processus électoral

S’agissant de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays, les participants ont exprimé leur appréciation pour le rôle crucial de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) dont les « opérations robustes » et le « fort engagement politique » ont permis de réduire la menace posée par certains groupes armés, de protéger les civils, d’étendre l’autorité de l’Etat et de stabiliser les zones touchées.

Toutefois, les participants ont déploré les obstructions et les menaces que certains groupes armés exercent sur les opérations électorales et les ont appelés à s’engager sans condition et dans les meilleurs délais dans le processus électoral, conformément aux engagements qu’ils ont pris dans le cadre de l’Accord politique, dont celui de ne pas interférer dans le processus démocratique.

Certains participants ont appelé à la levée totale de l’embargo sur les armes afin de permettre aux autorités légitimes centrafricaines d’être plus efficaces dans les efforts menés pour la reconstruction de l’armée nationale. Ils ont rappelé à cet égard qu’il revenait en premier lieu à la RCA d’assurer sa sécurité. 

Accord politique : des progrès dans sa mise en œuvre mais de graves violations persistent

Les participants se sont félicités des progrès significatifs réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA, notamment par le gouvernement. M. Touadera a souligné l’engagement continu du gouvernement à mettre en œuvre les dispositions de l’accord, notamment les efforts visant à l’adoption de réformes législatives majeures. Les participants ont exprimé leur conviction que l’Accord politique reste et demeure « la seule voie viable vers une paix pérenne » en RCA. A cet effet, ils ont appelé les parties signataires à redoubler d’efforts pour assurer une paix durable dans le pays, notamment en respectant leurs obligations dans le cadre dudit accord.

Les participants ont regretté les violations graves de l’Accord politique, notamment par les groupes armés et ont rappelé que les auteurs de telles violations, y compris les exactions contre les civils, peuvent faire l’objet de sanctions et de poursuites judiciaires, conformément aux dispositions de l’accord et aux normes juridiques nationales et internationales. Ils ont également réitéré qu’il ne pouvait y avoir d’impunité pour les crimes graves et ont encouragé les autorités judiciaires nationales, notamment la Cour pénale spéciale, à continuer leurs efforts pour traduire en justice les auteurs et instigateurs de ces crimes. Le Président centrafricain a souligné que les violations de cet accord étaient inacceptables et qu’elles devaient recevoir des réponses appropriées dans le cadre de la lutte contre l’impunité.

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Pour garantir le succès de l’Accord politique, les participants ont souligné l’importance du rôle politique et de l’engagement de la région, notamment à travers le soutien de l’UA et un accompagnement toujours plus marqué de la CEEAC et des pays voisins de la RCA. A cet égard, ils ont encouragé la poursuite d’initiatives régionales visant à la consolidation et à la pérennisation de la paix et souhaité la pleine opérationnalisation des commissions mixtes bilatérales établies entre la RCA et certains de ses voisins. Ils ont appelé à une coopération similaire avec d’autres pays, y compris des pays voisins et d’autres pays de la sous-région.  

La population centrafricaine doit recevoir les dividendes tangibles de la paix

Les participants à la réunion sur la RCA ont souligné l’importance pour la population centrafricaine de recevoir les dividendes tangibles de la paix, en particulier les femmes et les enfants qui demeurent les victimes les plus nombreuses et les plus affectées par la crise. Ils ont souligné l’importance d’appuyer les efforts de mise en œuvre de projets socio-économiques et d’infrastructures pour promouvoir le développement durable et de désenclavement d’importantes zones marginalisées du territoire du pays.

S’attaquer aux causes profondes du conflit et consolider la paix en RCA exigent un engagement continu une étroite collaboration des travailleurs humanitaires et des acteurs du développement, ont rappelé les participants qui ont aussi salué leur rôle majeur cet égard. Ils ont appelé à prolonger ces efforts au-delà des élections par la mise en place d’un programme conséquent de reconstruction et de développement post-conflit en vue de la consolidation et la pérennisation de la paix dans le pays.

Les participants ont également appelé à un soutien accru en faveur de l’action humanitaire, qui reste gravement sous-financé cette année. Cette situation a été aggravée par la pandémie de la Covid-19, exacerbant ainsi la vulnérabilité de la population. Ils ont également condamné toutes les attaques contre les casques bleus les travailleurs humanitaires et appelé le gouvernement à condamner publiquement ces attaques ainsi qu’à identifier et à traduire en justice les auteurs et instigateurs de ces crimes.

 

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