Moyen-Orient et Afrique du Nord : un comité de l’ONU dénonce les conditions inhumaines de travailleurs migrants enfermés

1 octobre 2020

Le Comité des Nations Unies pour les travailleurs migrants a demandé, jeudi, aux gouvernements de prendre des mesures immédiates pour remédier aux conditions inhumaines des travailleurs migrants bloqués dans des camps de détention.

Le Comité a fait part de ses profondes préoccupations concernant la situation des travailleurs migrants, en particulier ceux qui sont détenus dans les pays du Golfe, notamment en Arabie Saoudite et au Yémen, et d’Afrique du Nord, comme la Libye.

« Les migrants, pour la plupart originaires de pays d’Afrique et d’Asie du Sud, sont régulièrement pris pour les boucs émissaires de la propagation du coronavirus » ont déclaré les experts indépendants membres du Comité, dans un communiqué publié depuis Genève.

Le Comité a relayé les rapports faisant état « de mauvais traitements et même de torture tous les jours dans les camps de détention ». Il a également porté à la connaissance du public les « allégations selon lesquelles des détenus ne reçoivent pas de traitement médical. Certains sont même laissés pour morts ».

Des migrants africains entassés « dans des camps insalubres en Arabie Saoudite »

Les médias ont rapporté début septembre que des milliers de travailleurs migrants africains sont enfermés « dans des camps exigus et insalubres en Arabie Saoudite », a rappelé le Comité de l’ONU.

« Les images vidéo montrant des travailleurs migrants détenus dormant et mangeant dans des installations où les eaux d’égout brutes se déversent sur le sol témoignent des conditions choquantes qui exigent une action immédiate de la communauté internationale », a dénoncé le Comité.

Alors que la pandémie de Covid-19 se poursuit, le Comité note qu’il est plus que jamais important de faire « cesser immédiatement » les violations des droits de l’homme perpétrées contre les migrants.

« Alors que les gouvernements font tout leur possible pour maîtriser la plus importante catastrophe sanitaire depuis 1918, ils doivent être conscients du fait que cette pandémie rend les travailleurs migrants qui n’ont pas accès à l’eau potable, à la santé et aux soins de santé beaucoup plus vulnérables que les habitants locaux », a-t-il fait valoir. 
A cet égard, le Comité rappelle la note d’orientation conjointe sur l’impact de la pandémie sur les droits des migrants.

Les experts indépendants du Comité invitent instamment les gouvernements des pays d’accueil et de transit à protéger strictement les droits de l’homme de tous les migrants et à « coopérer sans délai » avec les pays d’origine « pour assurer un retour ordonné, sûr et digne des migrants bloqués ».

 

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