L'OMS promet une enquête solide sur des allégations d'abus sexuels visant des employés en RDC

29 septembre 2020

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a promis mardi que tout membre de son personnel travaillant dans le cadre de son équipe d'intervention contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et qui aurait été impliqué dans des abus sexuels, serait confronté à « des conséquences graves, y compris le licenciement immédiat ».

L'agence onusienne a publié une déclaration au libellé ferme en réponse aux allégations formulées, à la suite d'une enquête de plusieurs mois, par des journalistes de The New Humanitarian et de la Fondation Thomson Reuters, qui affirment que des hommes s’identifiant comme travaillant pour l'OMS ont été accusés d’abus sexuels par une trentaine de femmes.

Au total, 51 femmes ont affirmé avoir été exploitées ou abusées sexuellement par des hommes principalement étrangers, s'identifiant comme des travailleurs humanitaires à Beni, la principale ville au centre de la pire épidémie d'Ebola du pays, entre 2018 et juin de cette année.

Il y a eu plusieurs flambées épidémiques d'Ebola dans l'ensemble de la RDC, dont une actuellement en cours dans la province occidentale de l'Équateur. La grande épidémie dans l'est du pays, qui est au centre des allégations d'abus, a été officiellement déclarée terminée le 25 juin après près de deux ans, tuant environ 2.280 personnes.

Parmi les autres organisations qui auraient été citées par les accusatrices, il y a le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM), Medecins sans frontières, Oxfam, World Vision, l’organisme de bienfaisance médical ALIMA et le ministère congolais de la Santé.

Politique de tolérance zéro

Dans le communiqué, les dirigeants et le personnel de l'OMS se sont déclarés « indignés » par ces informations : « Les actes qui auraient été commis par des personnes s'identifiant comme travaillant pour l'OMS sont inacceptables et feront l'objet d'enquêtes approfondies ».

« La trahison des personnes dans les communautés que nous servons est répréhensible », poursuit le communiqué. « Nous ne tolérons un tel comportement chez aucun de nos employés, sous-traitants ou partenaires. Toute personne identifiée comme étant impliquée sera tenue de rendre des comptes et encourra de graves conséquences, y compris un licenciement immédiat ».

L'agence des Nations Unies pour la santé a déclaré que son Directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus avait lancé un « examen approfondi des allégations spécifiques », soulignant que, comme pour le système des Nations Unies dans son ensemble, l'OMS a une politique de tolérance zéro en ce qui concerne l'exploitation et les abus sexuels.

 

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