Yémen : les parties au conflit acceptent de libérer plus de 1.000 prisonniers 

27 septembre 2020

A l'issue d'une réunion d'une semaine en Suisse, les parties au conflit au Yémen ont franchi « une étape très importante », en acceptant de libérer un premier groupe de détenus, a estimé dimanche l'Envoyé de l'ONU dans ce pays.

 Les délégués du gouvernement du Yémen et d'Ansar Allah, officiellement connus sous le nom de rebelles houthis, ont signé dimanche un accord pour libérer 1.081 personnes liées au conflit, conformément aux listes de noms convenues.

« Aujourd'hui est un jour important pour plus d'un millier de familles qui peuvent espérer retrouver leurs proches très bientôt, espérons-le », a déclaré l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, après la quatrième réunion du comité de surveillance de la mise en œuvre de l'accord d'échange de prisonniers, coprésidée par son bureau et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Les progrès à venir

Cette initiative s'appuie sur un plan de libération que les parties avaient conclu à Amman en février dernier. Elles y avaient également convenu de convoquer une réunion ultérieure du comité de surveillance dans le but de mettre en œuvre le reste des résultats de la réunion d'Amman. 

Conformément à l'accord de Stockholm de 2018, les parties ont renouvelé leur engagement de libérer tous les prisonniers, détenus, personnes disparues, personnes détenues arbitrairement et personnes disparues de force - ainsi que les personnes assignées à résidence. 

En outre, elles se sont engagées à faire des efforts pour augmenter le nombre de prisonniers à libérer, y compris ceux couverts par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Je remercie les parties d'avoir su aller au-delà de leurs divergences et d'être parvenues à un accord qui profitera aux Yéménites », a poursuivi M. Griffiths, en exhortant les parties à « aller de l'avant immédiatement avec la libération et à ne ménager aucun effort pour tirer parti de cette dynamique afin de convenir rapidement de la libération d'un plus grand nombre de détenus ». 

Ce faisant, a-t-il déclaré, « elles rempliront leurs engagements pris à Stockholm et mettront fin à la misère de nombreuses autres familles yéménites qui attendent leurs proches ». 

Des délégués représentant le gouvernement du Yémen et Ansar Allah avec les coprésidents du comité de surveillance, l'Envoyé des Nations Unies Martin Griffiths (à l'extrême droite) et le irecteur régional du CICR Fabrizio Carbon (à l'extrême gauche), 27 s
CICR

Transformer les engagements en actions

Le co-président de la réunion, le Directeur régional du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient, Fabrizio Carboni, a qualifié cette annonce de « mesure positive pour les centaines de détenus et leurs familles restés au pays, séparés depuis des années et qui seront bientôt réunis ». 

Toutefois, il a noté qu'elle ne marque que le début du processus et a encouragé les parties à poursuivre « avec la même urgence » afin de convenir d'un plan de mise en œuvre concret, « pour que cette opération puisse passer des signatures sur le papier à la réalité sur le terrain ». 

M. Griffiths a appelé les parties à « s'appuyer sur cette réalisation très importante et à avancer ensemble vers une solution négociée pour apporter une paix durable au Yémen ». 

« Les Nations Unies sont prêtes à soutenir les parties, ainsi que le peuple yéménite, pour y parvenir », a-t-il assuré.

Le chef de l'ONU salue l'accord

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s”est félicité de cet accord.

« Le Secrétaire général exhorte les parties à profiter de cette dynamique pour finaliser les arrangements pour la libération des détenus restants. Il est reconnaissant au Comité international de la Croix-Rouge pour ses efforts inlassables en tant que coprésident du comité de surveillance chargé d’assurer la mise en œuvre de l’accord de libération de prisonniers, négocié en Suède en 2018, ainsi qu’au gouvernement suisse pour avoir accueilli les parties la semaine dernière », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse publiée dimanche soir.

« Le Secrétaire général appelle les parties à collaborer avec son Envoyé spécial pour convenir d’une déclaration commune englobant un cessez-le-feu à l’échelle nationale, des mesures économiques et humanitaires et la reprise d’un processus politique complet et inclusif pour mettre fin à la guerre », a-t-il ajouté.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.