L’ONU exhorte ses Etats membres à lutter contre les informations fausses et trompeuses sur la Covid-19

23 septembre 2020

A l’occasion d’une réunion virtuelle organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en marge du débat général annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies, plusieurs agences onusiennes ont exhorté les Etats membres dans un communiqué conjoint à lutter contre les informations fausses et trompeuses sur la Covid-19.

« La Covid-19 n'est pas seulement une urgence de santé publique - c'est aussi une urgence de communication », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo diffusé lors de cette réunion virtuelle intitulée « Gestion de l'infodémie : Promouvoir des comportements sains à l'époque de la Covid-19 et atténuer les dommages causés par la mésinformation et la désinformation ».

L'OMS définit l'infodémie comme une surabondance d'informations, tant en ligne que hors ligne. Cela englobe des informations exactes et celles qui sont fausses et trompeuses.

« Dès que le virus s'est propagé à travers le monde, des messages inexacts et même dangereux ont proliféré de manière extravagante sur les réseaux sociaux, laissant les gens confus, induits en erreur et mal conseillés », a ajouté le chef de l’ONU.

Selon lui, l'antidote consiste à faire en sorte que les faits et les conseils de santé fondés sur la science circulent encore plus rapidement et atteignent les gens partout où ils accèdent à l'information. « Cela sera particulièrement critique alors que nous nous efforçons de renforcer la confiance du public dans la sécurité et l'efficacité des futurs vaccins contre la Covid-19 », a souligné M. Guterres.

Le Secrétaire général a rappelé que les Nations Unies avaient lancé l’initiative « Vérifié » pour combattre la désinformation. « En travaillant avec des partenaires médias, des particuliers, des influenceurs et des plateformes de médias sociaux, le contenu que nous diffusons promeut la science, propose des solutions et inspire la solidarité », a-t-il dit.

Des plans d’actions pour gérer l’infodémie

Dans un communiqué conjoint, l’OMS, l’ONU, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), ONUSIDA, l’Union internationale des télécommunications (UIT), l'initiative  Global Pulse des Nations Unies, et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), ont appelé les Etats membres de l’ONU à lutter activement contre les informations fausses et trompeuses, ces dernières se définissant comme des informations délibérement erronées à des fins idéologiques.

« Nous appelons les États membres à élaborer et à mettre en œuvre des plans d’action pour gérer l’infodémie en favorisant la diffusion en temps utile d’informations exactes, fondées sur des données scientifiques et factuelles, à toutes les communautés, et en particulier aux groupes à haut risque ; et à prévenir la propagation et à combattre la mésinformation et la désinformation tout en respectant la liberté d'expression », déclarent-ils.

« Nous exhortons les États membres à s'engager et à écouter leurs communautés dans l'élaboration de leurs plans d'action nationaux, et à donner aux communautés les moyens de développer des solutions et de la résilience contre la mésinformation et la désinformation », ajoutent-ils.

Les agences onusiennes et la FICR appellent également « toutes les autres parties prenantes - y compris les médias et les plateformes de réseaux sociaux à travers lesquels la mésinformation et la désinformation sont diffusées, les chercheurs et les technologues capables de concevoir et de construire des stratégies et des outils efficaces pour répondre à l'infodémie, les dirigeants et les influenceurs de la société civile - à collaborer avec le système des Nations Unies, avec les États membres et entre eux, et de renforcer encore leurs actions pour diffuser des informations exactes et empêcher la propagation de la mésinformation et de la désinformation ».

Mésinformation et désinformation peuvent nuire à la santé physique et mentale

L’ONU note que la Covid-19 est la première pandémie de l'histoire dans laquelle la technologie et les médias sociaux sont utilisés à grande échelle pour garder les gens en sécurité, informés, productifs et connectés. « Dans le même temps, la technologie sur laquelle nous comptons pour rester connectés et informés permet et amplifie une infodémie qui continue de saper la réponse mondiale et met en péril les mesures de contrôle de la pandémie », note le communiqué conjoint.

Les informations fausses et trompeuses peuvent nuire à la santé physique et mentale des gens ; augmenter la stigmatisation; menacer de précieux gains de santé ; et conduire à une mauvaise application des mesures de santé publique, réduisant ainsi leur efficacité et mettant en danger la capacité des pays à arrêter la pandémie.

« La mésinformation coûte des vies. Sans la confiance appropriée et les informations correctes, les tests de diagnostic restent inutilisés, les campagnes de vaccination (ou les campagnes de promotion de vaccins efficaces) n'atteindront pas leurs objectifs et le virus continuera de prospérer », soulignent les agences onusiennes et la FICR.

« En outre, la désinformation polarise le débat public sur des sujets liés à la Covid-19 ; amplifie le discours de haine ; accroît le risque de conflit, de violence et de violations des droits de l'homme ; et menace les perspectives à long terme de faire progresser la démocratie, les droits de l'homme et la cohésion sociale », préviennent-elles. 

 

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