L’Afrique du Sud souhaite un plan de relance pour les pays africains confrontés à la Covid-19 

23 septembre 2020

Assurant la présidence tournante de l’Union africaine (UA) pour l’année 2020, l’Afrique du Sud a plaidé, mardi, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, pour davantage de solidarité de la communauté internationale envers les pays africains qui affrontent la pandémie de Covid-19 et ses conséquences socio-économiques. 

« Notre réponse à la pandémie de Covid a démontré les sommets qui peuvent être atteints lorsque nous travaillons dans un esprit d'amitié et de solidarité. Si nous voulons construire un avenir commun et inclusif après la Covid-19, c'est cette solidarité qui doit perdurer », a déclaré le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa dans un message vidéo.

M. Ramaphosa s’est félicité de la réponse « rapide et efficace » du continent africain au coronavirus. « Nous avons une stratégie continentale pour lutter contre la pandémie impulsée par les communautés économiques régionales », a-t-il dit, ajoutant que l'UA - présidée cette année par l’Afrique du Sud - a mis en place un fonds d'intervention contre la Covid-19 et lancé une plate-forme « révolutionnaire » africaine de fournitures médicales pour garantir que tous les pays du continent ont accès à l'équipement et aux fournitures nécessaires.

« Néanmoins, la pandémie retardera inévitablement nos aspirations en matière de développement », a-t-il déploré, précisant que les ressources que les pays africains ont dû réorienter vers la lutte contre la pandémie ont retardé leurs efforts pour fournir des logements, des soins de santé, de l’eau, des installations sanitaires et une éducation à leurs populations.

Dans ce contexte, M. Ramaphosa a appelé la communauté internationale et les partenaires internationaux à soutenir le déploiement d'un plan de relance global pour les pays africains. « Cela permettra aux pays africains non seulement d'atténuer les effets sur la santé de la Covid-19, mais aussi de nous aider dans l'immense tâche de reconstruire nos économies brisées », a-t-il expliqué.

« Pour garantir qu'aucun pays ne soit laissé pour compte, nous réaffirmons notre position en tant qu'Union africaine selon laquelle les sanctions économiques contre le Zimbabwe et le Soudan devraient être levées pour permettre à leurs gouvernements de répondre de manière adéquate à la pandémie », a ajouté le Président en exercice de l’organisation panafricaine, qui a également demandé la suspension des paiements d’intérêts sur la dette extérieure et publique de l’Afrique.

« En tant qu'Union africaine, nous sommes encouragés par la collaboration du G20, du Fond monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'ONU pour trouver des solutions à la viabilité de la dette dans les pays en développement », s’est félicité le chef d’Etat sud-africain.

Institutionnaliser la coopération entre l’UA et l’ONU et réformer le Conseil de sécurité des Nations Unies

M. Ramaphosa a réaffirmé a détermination des pays africains à poursuivre leurs efforts pour « faire taire les armes » une fois pour toutes en Afrique grâce au règlement des conflits et à la consolidation de la paix.

« La coopération entre le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a contribué à améliorer la paix et la sécurité dans la région du Darfour au Soudan, au Soudan du Sud, en Somalie, au Mali et en République centrafricaine », a rappelé le Président sud-Africain. Mais pour M. Ramaphosa, il est impératif que cette collaboration soit institutionnalisée et que le financement des opérations de maintien de la paix de l'UA soit abordé et résolu.

L’Afrique du Sud est actuellement dans sa deuxième année en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. « Nous avons utilisé notre mandat pour promouvoir la paix et la sécurité internationales en plaidant pour le règlement pacifique des différends et un dialogue inclusif », a souligné M. Ramaphosa, qui a toutefois dénoncé la composition actuelle du Conseil de sécurité qui « ne reflète pas le monde dans lequel nous vivons ».

« À l'occasion du 75e anniversaire de l'ONU, nous réitérons notre appel à une plus grande représentation des pays africains au Conseil de sécurité et à ce que cela soit repris d'urgence lors des négociations intergouvernementales », a-t-il dit. « Ce n’est que grâce à un Conseil de sécurité des Nations Unies réformé et inclusif que nous serons en mesure de résoudre collectivement certains des conflits les plus prolongés du monde ».

 

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