Protection sociale : plus de 4 milliards de personnes n'ont aucune protection (OIT)

18 septembre 2020

Pour la seule année 2020, les pays en développement auraient besoin d’investir environ 1.200 milliards de dollars, soit en moyenne 3,8% de leur PIB, afin de garantir au moins une sécurité minimale en matière de revenu, ainsi que l’accès à des services essentiels en matière de santé, selon une nouvelle étude de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 , le fossé en matière de financement de la protection sociale a augmenté de près de 30%, d’après l’étude Déficits de financement de la protection sociale: estimations mondiales et stratégies à l'intention des pays en développement dans le contexte de la crise de COVID-19 et au-delà.

Il s’agit là de la conséquence des besoins accrus en services de santé et de sécurité en matière de revenu pour les personnes ayant perdu leur emploi pendant le confinement, et de la réduction du PIB occasionnée par la crise. 

Déjà avant la crise de COVID-19, la communauté internationale ne parvenait pas à respecter les engagements politiques et juridiques dans le domaine de la protection sociale qui avaient été pris lors de la crise financière de 2008, dernier cataclysme ayant touché le monde entier.

Au niveau régional, le fardeau respectif pour combler l’écart est extrêmement lourd en Asie centrale et occidentale, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne (entre 8 et 9% de leur PIB). 

55% de la population mondiale ne bénéficie d’aucune protection

Actuellement, 45% seulement de la population mondiale est couverte de manière concrète par au moins une prestation en matière de protection sociale. Le reste de la population, soit plus de 4 milliards de personnes, ne bénéficie d’aucune protection.

Des mesures au niveau national et international afin de réduire les conséquences économiques de la crise de COVID-19 ont permis de fournir une aide financière à court terme.

Certains pays ont cherché des moyens innovants pour accroître l’espace budgétaire et permettre ainsi l’extension de la protection sociale comme, par exemple, des taxes sur les profits réalisés sur les ventes des entreprises de haute technologie, l’imposition unitaire des sociétés multinationales, des taxes sur les transactions financières ou sur les billets d’avion. Alors que des mesures d’austérité commencent déjà à voir le jour alors même que la crise perdure, ces efforts sont plus urgents que jamais. 

« Les pays à bas revenu doivent investir environ 80 milliards de dollars, soit près de 16% de leur PIB, afin de garantir à tous au moins une sécurité minimale en matière de revenu, ainsi qu’un accès aux services de santé essentiels », affirme Shahrashoub Razavi, Directrice du Département de la protection sociale de l’OIT. « Les ressources financières au niveau national sont loin d’être suffisantes. Combler le fossé financier annuel nécessitera des fonds venus de l’extérieur et basés sur la solidarité internationale ». 

La mobilisation au niveau mondial doit venir en complément des efforts réalisés sur le plan national, indique l’OIT. Les institutions financières internationales et les agences de coopération au développement ont déjà débloqué plusieurs enveloppes budgétaires afin d’aider les gouvernements des pays en développement à gérer les différents aspects de la crise, mais des ressources supplémentaires sont nécessaires afin de combler le fossé financier, notamment dans les pays à bas revenu.

 

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