Climat : l’ONU appelle l’Inde à être le fer de lance des énergies renouvelables

28 août 2020

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a invité vendredi New Delhi à tirer profit de son expertise dans les énergies renouvelables pour que ces dernières soient le fer de lance de l’action pour le climat. 

Réduire la pauvreté et rendre universel l’accès à l’énergie sont deux des principales priorités de l’Inde. Pour résoudre ces deux défis, le pays d’Asie du Sud dispose d’une solution : généraliser l'énergie propre, en particulier solaire.

Plus de 800 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’électricité. L’ONU estime que des investissements dans les énergies renouvelables, les transports propres et l'efficacité énergétique durant le relèvement de la crise de Covid-19 pourraient étendre l'accès à l'électricité à un tiers d’entre elles.

« Ces mêmes investissements pourraient contribuer à créer 9 millions d'emplois par an au cours des trois prochaines années », a déclaré M. Guterres, lors d’un discours devant l’Institut pour les ressources et l’énergie de l’Inde, soulignant que les investissements dans les énergies renouvelables génèrent trois fois plus d'emplois que les investissements dans les énergies fossiles polluantes. 

Alors que la pandémie de Covid-19 menace de ramener de nombreuses personnes dans la pauvreté, une telle création d’emplois est une opportunité à ne pas manquer, a dit le Secrétaire général. 

A cet égard, le chef de l’ONU, estime que l'Inde avance déjà dans cette direction. Depuis 2015, le nombre de personnes travaillant dans les énergies renouvelables en Inde a été multiplié par cinq. L’année dernière, les dépenses du pays en énergie solaire ont dépassé pour la première fois les dépenses consacrées à la production d’électricité au charbon.

« L'Inde a également fait des progrès significatifs vers l'accès universel à l'électricité », s’est félicité M. Guterres. « Pourtant, malgré un taux d'accès de 95%, 64 millions d'Indiens sont toujours sans accès aujourd'hui. Il y a encore du travail à faire et des opportunités à saisir ».

Bien que des énergies propres et la réduction de l'écart d'accès à l'énergie soient synonymes de croissance et de prospérité, les subventions aux combustibles fossiles en Inde sont encore sept fois plus élevées que les subventions aux énergies propres. « Investir dans les combustibles fossiles signifie plus de décès et de maladies et une augmentation des coûts de santé », a prévenu le Secrétaire général de l’ONU. « C'est, en termes simples, une catastrophe humaine et une mauvaise (politique) économique ».

En Inde, 50% du charbon ne sera pas compétitif en 2022

Le coût des énergies renouvelables a tellement baissé qu’il est déjà moins coûteux de construire de nouvelles capacités d’énergie renouvelable que de continuer à exploiter 39% de la capacité mondiale actuelle de charbon. 

« En Inde, 50% du charbon ne sera pas compétitif en 2022, et cela montera à 85% en 2025. C’est pourquoi les plus grands investisseurs du monde abandonnent de plus en plus le charbon », a dit M. Guterres. « Le commerce du charbon part en fumée ». 

Pour le chef de l’ONU, les avantages des ressources énergétiques renouvelables de l’Inde sont évidents. « L'Inde peut devenir une véritable superpuissance mondiale dans la lutte contre le changement climatique, si elle accélère son passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables », a-t-il assuré. 

M. Guterres a appelé les dirigeants indiens à prendre les décisions, à faire les investissements et à adopter les politiques nécessaires en faveur des énergies propres et de l’action pour le climat. « J'appelle l'Inde à être à la tête du leadership ambitieux dont nous avons besoin », a-t-il dit.

 

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