Reprise à Genève des travaux du Comité constitutionnel syrien suspendus lundi après 4 cas de Covid-19

27 août 2020

Les discussions de l’organe réduit du Comité constitutionnel syrien, interrompues en début de semaine après la découverte de quatre cas de coronavirus, vont pouvoir reprendre ce jeudi après-midi, a annoncé l’ONU.

Les autorités sanitaires suisses et le Service médical de l’ONU ont donné leur feu vert. « Après avoir consulté les deux co-présidents, je pense que nous allons très probablement faire des sessions aujourd’hui (ce jeudi après-midi), demain (vendredi) et samedi » au Palais des Nations, a dit aux médias, l’Envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie, Geir Pedersen. 

Y participent 45 personnes choisies à parts égales par le gouvernement de Damas, l’opposition et l’émissaire de l’ONU Geir Pedersen afin d’insérer des représentants de la société civile.

Les services de Geir Pedersen ont été informés « par les autorités sanitaires compétentes que la nature de ces cas est telle que la troisième session du comité restreint du Comité constitutionnel peut reprendre ses réunions », dans le respect des gestes barrières et des distances, a-t-il annoncé.

« À la lumière de cet avis, nous reprenons aujourd’hui la troisième session de l’organe réduit du Comité constitutionnel syrien, en prenant toutes les précautions nécessaires strictement observées - comme elles l’ont été lors de la réunion initiale », a ajouté M. Pedersen.

Pour le diplomate norvégien, il est évident que la sécurité de tous ici au Palais des Nations a été « la préoccupation majeure » et leur « priorité absolue ». « C’est pourquoi nous n’avons pris aucun risque et avons immédiatement suspendu lundi la réunion du format réduit du Comité constitutionnel », a rappelé le médiateur onusien.

La reprise des discussions montre « l’importance de ce processus » - Pedersen

Les participants ayant été testés positifs ne participent en revanche pas aux discussions qui doivent durer jusqu’à samedi, a précisé M. Pedersen aux journalistes.

« Je dois ajouter que, si les deuxièmes tests effectués ces derniers jours indiquent que les cas positifs antérieurs ne présentent aucun risque : Mais nous ne procédons à ce stade, ici au Palais des Nations, qu’avec ceux qui ont été testés négatifs », a détaillé M. Pedersen, évoquant « une mesure de prudence et sur la base des conseils des autorités médicales de l’ONU ».

D’une manière générale, ces travaux sur la Syrie, comme toutes les réunions prévues au Palais des Nations font l’objet de mesures de sécurité établies - y compris le port du masque dans et autour des salles de conférence, l’hygiène des mains et les mesures strictes d’éloignement physique.

Les travaux avait été suspendus lundi dernier après que quatre participants ont été testé positifs à la Covid-19. Avec le soutien des autorités cantonales genevoises, les personnes concernées ont été immédiatement priées de s’isoler et une procédure de recherche de contacts a été mise en place par le Service médical de l’Office des Nations Unies à Genève.

Plus largement, la reprise des discussions montre « l’importance de ce processus », a ajouté M. Pedersen. « Nous avons un ordre du jour clair pour cette session et l’organe restreint a eu une première réunion constructive sur l’ordre du jour lorsqu’il s’est réuni lundi », a-t-il poursuivi, tout en relevant que « les points habituels ont été soulevés » et « de bonnes interactions ont eu lieu ». 

« Je pense que tous les membres souhaitent vivement reprendre les travaux et avoir des discussions de fond pendant le reste de cette session », a fait valoir M. Pedersen, ajoutant avoir également reçu « un signal fort de soutien de la part des principaux acteurs internationaux en faveur de la facilitation de l’ONU ».

Le Comité constitutionnel syrien, chargé d’élaborer une nouvelle constitution, a été inauguré le 30 octobre à l’ONU à Genève en présence de 150 personnes. Un organe restreint de 45 membres a ensuite été chargé d’entrer dans le détail de la Loi fondamentale.

Réunion du Conseil de sécurité

A New York, le Conseil de sécurité s’est réuni jeudi pour examiner la situation humanitaire en Syrie.

Le Sous-Secrétaire général des Nations Unies par intérim aux affaires humanitaires, Ramesh Rajasingham, a fait le point devant les membres du Conseil sur l’épidémie de Covid-19 et son impact sur les services de santé, le ralentissement économique, la protection des civils, l'accès humanitaire, et l’assistance humanitaire à la population syrienne.

Au cours du premier semestre, les opérations humanitaires ont touché chaque mois en moyenne 7,2 millions de personnes à travers le pays. Plus de 12 millions de procédures médicales ont été menées. L'aide alimentaire a atteint 5,4 millions de personnes en moyenne chaque mois. « Cette assistance est d'autant plus critique que l'insécurité alimentaire continue d'augmenter en Syrie », a-t-il dit.

S’agissant de la pandémie de Covid-19, le responsable onusien a noté que les chiffres officiels montrent que la transmission communautaire est généralisée. Sur les 2.440 cas confirmés par le ministère syrien de la Santé, la majorité ne peut pas être attribuée à une source connue. « L'augmentation du nombre de patients ajoute une pression sur le système de santé fragile », a souligné M. Rajasingham.

S’agissant de l’économie, il a noté que l'un des impacts de la Covid-19 en Syrie a été une perturbation dans certaines chaînes commerciales d'approvisionnement. 

Quant à l’accès humanitaire, M. Rajasingham a indiqué que les agences des Nations Unies s'efforcent d'atténuer l'impact de la réduction à un passage frontalier autorisé. « La capacité du passage autorisé restant à Bab al-Hawa doit être augmentée; tout comme la capacité des points de passage à l'intérieur de la Syrie », a-t-il dit.

 

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