Multilatéralisme : le monde dépend de la solidarité pour surmonter la Covid-19, selon Guterres

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres (photo d'archives).
Photo : ONU/Jean-Marc Ferré
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres (photo d'archives).

Multilatéralisme : le monde dépend de la solidarité pour surmonter la Covid-19, selon Guterres

À l’ONU

Face à la pandémie de Covid-19, trop de pays ont choisi de suivre leur propre chemin, a regretté mardi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a rappelé que la gouvernance mondiale dépend de la solidarité mondiale.

« La Covid 19 a souligné la nécessité d'un multilatéralisme efficace. Le multilatéralisme doit aujourd'hui être mis en réseau - avec l'ONU et ses agences, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, les organisations régionales, les organisations commerciales et d'autres collaborant plus étroitement », a déclaré M. Guterres dans un discours prononcé en visioconférence lors du Forum européen Alpbach.

« Le multilatéralisme doit également être plus inclusif. Les gouvernements sont loin d’être les seules puissances dans le monde d’aujourd’hui. La société civile, le monde des affaires, les autorités locales, les villes et les gouvernements régionaux assument de plus en plus un rôle de leadership », a-t-il ajouté. « Si nous pouvons renforcer la coopération internationale dans cette direction, nous pouvons avoir une gouvernance mondiale présente là où elle est nécessaire ».

Le chef de l’ONU a rappelé toutefois que « la gouvernance mondiale dépend aussi de la solidarité mondiale ». « Je suis préoccupé par le fait que la riposte à la pandémie ait vu trop de pays suivre leur propre chemin et trop peu d’aide financière aux pays vulnérables ayant le moins de capacités pour relever ce défi. Je comprends l’impulsion de prendre soin de soi. Mais nous pouvons et devons faire les deux, et nous ne serons en sécurité que lorsque tout le monde le sera », a-t-il dit.

Le Secrétaire général s’est toutefois dit optimiste. « La pandémie a suscité un travail vraiment héroïque de la part de beaucoup de personnes. Nous nous sommes montrés capables de faire des changements importants et instantanés - y compris la mobilisation d'énormes sommes d'argent même si cela ne suffit toujours pas. Et des idées qui semblaient autrefois être des rêves et des projets fous sont soudainement sur la table ou dans le courant dominant », a-t-il noté. « Cela montre ce qui peut être fait face à une situation d'urgence ».

Le monde est à un moment charnière

Selon le chef de l’ONU, le monde est à un moment charnière et l’ONU, qui célèbre cette année ses 75 ans, doit « montrer la valeur ajoutée du multilatéralisme et la valeur ajoutée de l’ONU, alors que nous nous efforçons de construire un monde meilleur pour tous ».

Alors que le monde affronte la pandémie de Covid-19, M. Guterres a appelé à ne pas oublier la crise climatique qui « pourrait entraîner des perturbations encore plus importantes » que le coronavirus.

Il a demandé à tous les pays d'envisager six actions positives pour le climat alors qu'ils sauvent, reconstruisent et relancent leurs économies :

  • Rendre nos sociétés plus résilientes et assurer une transition juste
  • Créer des emplois verts et une croissance durable
  • Conditionner le renflouement de l'industrie, du transport aérien et transport maritime à l'alignement sur les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat
  •  Arrêter de gaspiller de l'argent avec les subventions aux combustibles fossiles et le financement du charbon
  • Tenir compte du risque climatique dans toutes les prises de décision
  • Travailler ensemble

Le Forum européen Alpbach (EFA) est une organisation autrichienne à but non lucratif basée à Vienne. Il est surtout connu pour accueillir la conférence du même nom dans le village d'Alpbach. L’objectif est de relier les décideurs internationaux de tous les secteurs de la société avec un public intéressé et des jeunes engagés dans les domaines de la politique, de la science, de l’économie et de la culture.