A Beyrouth, le HCR promet son « soutien total » aux personnes touchées par l’explosion

21 août 2020

Au terme d’une visite de quatre jours au Liban, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, s’est engagé à soutenir la population de Beyrouth touchée par la double explosion du 4 août.

La double explosion dans la capitale libanaise a fait plus de 180 morts, plus de 6.500 blessés et causé des dégâts considérables à environ 200.000 foyers. Cette destruction s’est ajoutée à une crise financière qui avait déjà paralysé l’économie du pays, et qui est aggravée par la pandémie de Covid-19 en cours.

« En tant qu’organisations humanitaires et avec toute la communauté internationale de l’aide, nous devons nous tenir aux côtés des habitants de Beyrouth dans ces moments difficiles », a déclaré M. Grandi qui effectuait au Liban sa première mission sur le terrain depuis le début de la crise de Covid-19. « J’ai promis le soutien total du HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) à ceux dont la vie a été bouleversée par l’explosion, qu’ils soient Libanais, réfugiés ou migrants », a-t-il ajouté.

Le HCR a mobilisé 35 millions de dollars pour aider les ménages les plus vulnérables de la capitale touchés par la double explosion. Cette enveloppe comprend 32,6 millions de dollars pour aider 100.000 personnes dont les maisons ont été lourdement endommagées par l’explosion, et 2,44 millions de dollars supplémentaires pour des prestations de protection telles que le soutien psychologique et l’aide juridique.

« Beyrouth et sa population porteront les cicatrices de cette tragédie pendant les années à venir », a déclaré M. Grandi. « Le moment est venu de leur offrir le soutien dont ils ont besoin pour tenter de guérir. Nos équipes travaillent sur le terrain, aidant les personnes les plus touchées à réparer leur maison et à se remettre du traumatisme ».

L’UNICEF apporte un soutien psychosocial aux enfants

Au Liban, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a fait du soutien psychosocial une de ses principales priorités. L’agence onusienne a mené avec ses partenaires une évaluation rapide des besoins du 10 au 17 août.

La moitié des personnes interrogées ont déclaré que les enfants de leur ménage présentaient des changements de comportement ou des signes de traumatisme ou un stress extrême suite aux explosions. Ces comportements et symptômes peuvent inclure une anxiété sévère, un silence ou un éloignement envers les parents et des familles, des cauchemars et troubles du sommeil et des comportements agressifs. Un tiers des ménages ont également signalé des symptômes négatifs chez les adultes.

« Il est clair que les besoins sont immenses. De nombreux enfants auront besoin d'un soutien psychosocial urgent et soutenu pour faire face au traumatisme des explosions », souligne l’UNICEF. L’appui psychosocial de l’agence onusienne comprend des kits psychosociaux pour les enfants et les parents, la mise en place d'espaces adaptés aux enfants dans les zones touchées, et la fourniture d'un soutien plus spécialisé, intensif et à plus long terme à ceux qui en ont besoin.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) au Liban a octroyé 8,5 millions de dollars du Fonds humanitaire libanais pour fournir un soutien rapide aux familles touchées par la double explosion.

La Coordonnatrice humanitaire au Liban, Najat Rochdi, a souligné l’importance d’accélérer les financements pour commencer immédiatement le processus de reconstruction de la vie des populations et appuyer leur rétablissement. Le financement soutiendra cinq ONG internationales et trois ONG locales à Beyrouth qui travaillent déjà en étroite collaboration avec les communautés vulnérables, en veillant à ce que l'aide atteigne les personnes qui en ont le plus besoin. Plus de 180.000 personnes bénéficieront d’une aide essentielle en matière de santé, de nourriture et de protection.

La double explosion de Beyrouth, symptôme d’une crise de gouvernance profonde et complexe

Dans ce concert d’appel à l’aide au Liban, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a appelé à davantage de transparence, de responsabilité et de lutte contre la corruption.

« Il est très important que les amis et partenaires du Liban comprennent que l'explosion du port de Beyrouth n'est pas seulement une crise humanitaire, mais aussi le symptôme d'une crise de gouvernance beaucoup plus profonde et complexe qui nécessite un dialogue et une action collective », a ainsi rappelé vendredi Arkan El Seblani, conseiller pour l’intégrité et la lutte contre la corruption au Centre régional du PNUD pour les États arabes, lors d’un point de presse à Genève.

Pour ce responsable du PNUD, les actions en faveur de la transparence, de la responsabilité et de la lutte contre la corruption doivent être ciblées et cohérentes avec les priorités qui ont été identifiées dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption et les normes internationales connexes, notamment la Convention des Nations Unies contre la corruption.

 

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