L'Ouganda cherche en ligne des réponses à la crise économique due à la Covid-19

17 août 2020

Des activités bancaires à la livraison de nourriture en passant par les réservations de taxi, l'Ouganda s'habitue rapidement à de nombreux outils en ligne qui sont courants dans les économies développées et qui ne reposent pas sur des interactions en face à face.

L'ONU soutient ce changement, afin d'aider les économies en développement à se relever de la crise économique mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19.

Ruth Tindyebwa, une vendeuse sur un marché de la capitale ougandaise, Kampala, a été fortement touchée par les mesures de confinement imposées le 22 mars par le gouvernement. Après la mise en place des restrictions, sa source de revenus s'est tarie. Cependant, les choses ont maintenant changé grâce à un projet mis en place par l'ONU, en collaboration avec une entreprise locale appelée Safeboda.

Safeboda promet aux utilisateurs une option plus sûre que les bodabodas habituels, les motos-taxis, souvent sans permis, qui sillonnent les rues de l'Ouganda et d'autres pays d'Afrique de l'Est.

La société fonctionne d'une manière familière aux utilisateurs de plates-formes de taxi bien connues, telles que Uber ou Lyft : les utilisateurs téléchargent une application, saisissent leur destination et voient le coût estimé de leur trajet. L'entreprise offre l'assurance que les chauffeurs seront sûrs, bien formés et professionnels.

Relier vendeurs et clients

Après que le gouvernement ougandais a promulgué ses mesures de confinement, le Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU) a répondu en lançant un partenariat avec Safeboda, créant une nouvelle plateforme de commerce électronique qui relie les vendeurs de marché aux clients.

Les commandes de produits sont passées via l'application Safeboda et payées à l'aide de sa fonction de portefeuille mobile. Les conducteurs accrédités par la société livrent ensuite les produits.

Le résultat a été une augmentation du commerce pour des centaines de vendeurs de marché, un revenu régulier pour les conducteurs de bodaboda et un moyen sûr pour les clients de recevoir des marchandises.

Mme Tindyebwa a été l'une des premières vendeuses à s'inscrire au projet : ses ventes quotidiennes sont maintenant encore plus élevées qu'elles ne l'étaient avant le confinement. « Le plus étonnant, c'est que je peux économiser pour les frais de scolarité de mes enfants sur mon portefeuille électronique en attendant que les écoles rouvrent après le confinement », dit-elle.

Le commerce électronique est arrivé et il ne disparaîtra jamais

Le programme Safeboda n'est pas le seul partenariat lancé par l'ONU en Ouganda. En mai, le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, s'est associé à Jumia Foods, la plus grande entreprise de commerce électronique du pays, pour créer une plate-forme en ligne spécialement conçue pour mettre en relation certains des membres les plus vulnérables de la main-d'œuvre avec des clients potentiels.

Cette initiative est conçue pour autonomiser les personnes les plus durement touchées dans le secteur du commerce informel, et plus de 60% de ceux qui s'y sont inscrits sont des femmes, des jeunes et des personnes handicapées.

Elle aide également à connecter les agriculteurs, en maintenant le flux de produits des zones rurales vers les marchés urbains. Dans le cadre de ce soutien, le PNUD fournit aux vendeurs plus de 3.000 fournisseurs sur cinq marchés de Kampala, avec des smartphones, du temps d'antenne et des paquets de données.

Lors du lancement du partenariat en mai, Amelia Kyambadde, Ministre ougandaise du commerce, de l’industrie et des coopératives, a déclaré qu’elle s’attendait à ce qu’il favorise la croissance du commerce en ligne. « L'une des leçons que nous avons apprises est que le commerce électronique est arrivé et qu'il ne disparaîtra jamais », a-t-elle déclaré.

Elsie Attafuah, la Représentante résidente du PNUD en Ouganda, était tout aussi optimiste, décrivant le partenariat avec Jumia comme un « service sûr, pratique et rapide pour les citoyens ougandais », qui stimulera le commerce.

« La Covid-19 présente non seulement une crise sanitaire mais aussi une crise humanitaire et de développement qui menace de laisser de profondes cicatrices sociales, économiques et politiques pendant des années. Il est donc important d'étendre le commerce électronique pour permettre la continuité des activités, soutenir les moyens de subsistance et permettre une reprise rapide après la pandémie », a-t-elle ajouté.

Photo UNCDF
Une vendeuse de marché utilise l'application SafeBoda qui relie vendeurs aux clients pendant le confinement dû à la Covid-19 à Kampala, en Ouganda.

Innover pour sortir de la crise

L'un des objectifs de ces partenariats est de démontrer les nombreux avantages des services numériques aux petites entreprises et aux consommateurs, et d'encourager la poursuite de l'innovation numérique, menant à une croissance durable de l'économie ougandaise.

De bien d'autres manières, l'ONU travaille en étroite collaboration avec le gouvernement ougandais pour changer les choses, en utilisant des outils numériques.

Les programmes de l’ONU avec Safeboda et Jumia ne sont que deux exemples de la manière dont le commerce en ligne peut aider à relancer, d'une manière durable qui profite à tous, l'économie ougandaise. Comme tant d'autres pays dans le monde, l'Ouganda a du mal à faire face aux effets dévastateurs de la crise économique provoquée par la Covid-19.

La Banque mondiale estime que la croissance du PIB réel cette année sera inférieure à 2%, contre près de 5,6% en 2019.

L'agence des Nations Unies pour le commerce, la CNUCED, a formulé plusieurs recommandations sur la manière d'améliorer la fourniture de services numériques en Ouganda, et le PNUD soutient le gouvernement dans son développement d'une stratégie de commerce électronique, qui a vu l'adoption de nouvelles lois, visant à améliorer la confiance des gens dans les transactions en ligne.

Le commerce électronique a été identifié par l'ONU comme un moyen puissant de stimuler la croissance, de stimuler le commerce et de créer des emplois, mais de nombreux pays en développement sont encore à la traîne dans ce domaine.
 
Grâce à des initiatives telles que la plate-forme e-commerce pour tous de la CNUCED, qui vise à coordonner les efforts d’ONG et de fondations afin d'exploiter le potentiel d'Internet au service du développement économique, on espère que les progrès constatés en Ouganda pourront être reproduits ailleurs, alors que les gouvernements tentent de sortir de cette crise mondiale sans précédent.

 

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