Décès d’une demandeuse d’asile transgenre au Guatemala : le HCR appelle à mieux protéger la communauté LGBTI

7 août 2020

La mort violente d’une demandeuse d’asile transsexuelle au Guatemala le week-end dernier souligne la nécessité d’accorder une protection robuste aux personnes contraintes de fuir leur pays, y compris les membres de la communauté LGBTI, a souligné vendredi le l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Nous exprimons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de cette femme qui tentait de reconstruire sa vie au Guatemala après avoir été forcée de fuir son pays en raison des violences et de la persécution », a déclaré le Représentant régional du HCR pour l’Amérique centrale et Cuba, Giovanni Bassu.

La demandeuse d’asile de 27 ans, dont le nom n’est pas cité pour la protection de sa famille, avait fui les violences et la persécution fondées sur le genre qu’elle avait subies de la part de gangs dans son pays natal, le Salvador. Elle avait déposé une demande d’asile au Guatemala en 2018.

Le HCR signale que malgré la pandémie de Covid-19 et les restrictions de mouvement qui y sont liées, la violence et la persécution contre les personnes au motif de leur genre et de leur orientation sexuelle se poursuivent sans relâche.

Traduire les responsables en justice

Le HCR exhorte les Etats à traduire en justice les responsables de crimes contre les personnes au motif de leur genre et de leur orientation sexuelle, tout en adoptant des mesures décisives pour prévenir de nouveaux crimes de cette nature.

Dans le nord de l’Amérique centrale, les personnes transgenres sont souvent victimes de harcèlement et de violence brutale, en particulier de la part de bandes criminelles

Au Salvador, trois policiers ont été condamnés à 20 ans de prison la semaine dernière pour le meurtre de Camila Díaz Córdova, lors de la toute première condamnation dans le pays pour homicide d’une personne transsexuelle.

Le HCR réitère également son appel aux gouvernements afin qu’ils veillent à ce que toutes les personnes qui ne sont pas en mesure de bénéficier de ce type de protection dans leur pays aient un accès sans entrave à des procédures d’asile complètes et équitables, et ce conformément au droit international.

Dans le nord de l’Amérique centrale, les personnes transgenres sont souvent victimes de harcèlement et de violence brutale, en particulier de la part de bandes criminelles.

Selon un rapport publié en 2019 par l’organisation LGBTI COMCAVIS Trans, partenaire du HCR basée au Salvador, la majorité des personnes LGBTI - en particulier les femmes transgenres - sont souvent déplacées dans leur propre pays, après avoir fui les menaces des gangs, les tentatives de meurtre et les violences physiques et sexuelles. Beaucoup d’entre elles endurent souvent des années de violence et de persécution avant de demander l’asile dans d’autres pays.

Des risques de violence accrus en raison de la pandémie de Covid-19

Le HCR est alarmé par le fait que les risques de violence sont accrus en raison de la pandémie de Covid-19. 

Sur les 160 personnes qui bénéficient d’une assistance de la part de COMCAVIS Trans depuis le début de la pandémie, 79 ont été forcées de fuir les persécutions et les menaces des gangs.

En plus de l’augmentation des violences sexuelles et sexistes qui ont été enregistrées pendant les périodes de confinement strict à travers toute la région, les personnes LGBTI en Amérique centrale ont également eu un accès limité à l’aide.

Malgré les difficultés imposées par la pandémie, le HCR et des partenaires au Guatemala, au Honduras et au Salvador ont continué de mettre en œuvre des initiatives régulières en matière de protection communautaire afin de créer les conditions d’une protection efficace pour les personnes déracinées à la fois dans les pays d’origine et d’asile.

Le HCR a également augmenté ses programmes d’assistance pour fournir des allocations d’aide en espèces aux personnes LGBTI en situation de vulnérabilité.

 

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