La Covid-19 et George Floyd au cœur de l’ouverture des travaux du Comité de l’ONU pour la lutte contre le racisme

5 août 2020

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a ouvert mercredi les travaux de sa 101e session avec un rappel de l’actualité récente du racisme en lien avec le coronavirus et la mort de George Floyd.

A l’ouverture de sa nouvelle session, le Comité a entendu Simon Walker, chef de la Section des affaires civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles de la Division des traités du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

M. Walker a notamment souligné l'importance du travail du Comité dans la recherche de réponses appropriées aux problèmes de discrimination raciale qui se posent dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

S’exprimant au nom du Secrétaire général des Nations Unies, M. Walker a notamment relevé que la Covid-19 était venue exacerber les inégalités auxquelles sont déjà confrontés de nombreux groupes minoritaires et vulnérables, tels que les personnes d'origine africaine, les peuples autochtones, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile. Selon lui, cette situation souligne l'importance du travail du Comité dans la recherche de réponses appropriées aux problèmes de discrimination raciale qui se posent dans le cadre du coronavirus.

Le Comité a également entendu Taisuke Komatsu, le Directeur exécutif de l’International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism (IMADR). Ce dernier a insisté, pour sa part, sur le fait que, dans le contexte de la pandémie, le travail des organisations de la société civile serait plus important que jamais dans les mois et années à venir pour garantir que les États respectent leurs obligations découlant de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

S’exprimant au nom également des organisations Race and Equality et Minority Rights Group, M. Komatsu a lui aussi relevé que la pandémie de Covid-19 avait un impact disproportionné sur les personnes appartenant à des communautés racialisées telles que les personnes d'ascendance africaine, les minorités, les personnes victimes de discrimination sur la base de la caste ou de l'ascendance, les peuples autochtones, les apatrides et les migrants, y compris les réfugiés et les demandeurs d'asile.

Dans le contexte de la pandémie, les discours de haine raciste, les crimes haineux et le profilage racial qui visaient d'abord les Asiatiques et les personnes d'origine asiatique sont maintenant également dirigés vers d'autres groupes, notamment les migrants, les Roms et les gens du voyage. La discrimination raciale dans la loi et dans l'administration de la justice continue de maintenir ces groupes marginalisés surreprésentés dans les centres de détention et les prisons. Tous ces facteurs contribuent à leur vulnérabilité face à la pandémie, a mis en garde M. Komatsu.

Il a insisté sur le fait que, dans le contexte de la pandémie, le travail des organisations de la société civile serait plus important que jamais dans les mois et années à venir pour garantir que les États respectent leurs obligations découlant de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. 

La mort de George Floyd a déclenché une profonde remise en question de personnalités connues pour leurs opinions discriminatoires

A l’ouverture des travaux du Comité, M. Walker a également rappelé que l’actualité ces derniers mois avait été marquée par le problème de la discrimination raciale à la suite du décès de George Floyd. Le Représentant du HCDH a souligné que le Comité avait réagi rapidement en faisant une déclaration importante sur cette question.

M. Walker a aussi relevé que les manifestations qui ont suivi le décès de George Floyd avaient conduit à une profonde remise en question, dans de nombreux pays, de leur histoire et du rôle de personnalités publiques précédemment louées, qui avaient néanmoins des opinions discriminatoires. Salutaire, ce débat est une occasion d'aligner les comportements et les attitudes sur les principes énoncés dans la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a-t-il dit.

M. Komatsu s’est félicité de la déclaration publiée par le Comité sur le meurtre de George Floyd par des policiers aux États-Unis et sur les manifestations pacifiques qui ont suivi. Il a soutenu l’appel du Comité en faveur de réformes de la police et du système de justice pénale aux États-Unis.

Des personnalités réunies par l’UNESCO pour lutter contre le racisme

La lutte contre la discrimination raciale ne se limite aux travaux du Comité. D’éminentes personnalités du monde entier ont rejoint l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour dénoncer la discrimination raciale croissante dans une vidéo de sensibilisation, « Unis contre le racisme », publiée mercredi. 

Ce film court en noir et blanc présente les messages de femmes et d'hommes de premier plan issus du monde du cinéma, des médias, de la musique, du sport et des sciences aux côtés de la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay. Ont notamment participé à la vidéo l’artiste Charlotte Gainsbourg, le compositeur Jean-Michel Jarre, les jazzistes Marcus Miller et Herbie Hancock, et l’actrice Yalitza Aparicio.

 

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