Covid-19 : des experts de l'ONU mettent en garde contre la « fermeture de l'espace numérique » pendant la pandémie

30 juillet 2020

Dans une déclaration commune, plusieurs experts des droits de l’homme ont affirmé qu'Internet est devenu « vital pour sauver des vies ».

Selon le groupe de six experts des droits de l'homme des Nations Unies*, Internet est devenu vital pour sauver des vies, transporter des informations et prévenir les abus, entre autres choses.

La pandémie de Covid-19 et les mesures de lutte contre la maladie ont accru le recours aux plateformes numériques comme moyen de contact entre les personnes.

Le groupe, dont fait partie le Rapporteur sur le droit à la liberté d'expression, David Kaye, affirme que les pays continuent d'utiliser l'internet et d'autres technologies numériques pour réprimer ceux qui ont des opinions différentes, exercer une surveillance illégale et priver les individus de leur capacité à mener des actions collectives dans le monde virtuel et réel.

Les rapporteurs ont exprimé leur inquiétude face à l'augmentation rapide des schémas d'abus qui sont apparus dans le cadre des mesures de lutte contre la pandémie.

Pour eux, il existe un « schéma répétitif de fermeture de l'espace numérique » pendant la crise de Covid-19.

Ces déclarations font suite à la participation des experts à la conférence sur les droits de l'homme à l'ère numérique « RightsCon ».

Le groupe affirme que le détachement physique a amené les interactions humaines dans le monde virtuel, qui doit assurer la promotion et la protection des droits de l'homme. En outre, l'internet devrait être sûr, bon marché, universel et ouvert à tous.

Protestations

Le communiqué souligne que « les technologies numériques sont désormais le lieu où vivent les citoyens à un moment sans précédent » et ne devraient donc pas être utilisées par les gouvernements et les entreprises pour restreindre les libertés fondamentales, réduire l'espace civil, cibler la société civile, y compris les défenseurs des droits de l'homme.

Lors de la conférence, les experts ont discuté des leçons tirées de la pandémie, telles que les technologies de surveillance de l'internet, la collecte et la sécurité des données, la discrimination raciale et les attaques de l'internet contre les droits de l'homme et les mouvements de protestation.

Le communiqué souligne que « les technologies numériques sont désormais le lieu où les citoyens vivent un moment sans précédent ».

Rien que cette année, les experts des droits de l'homme ont soumis plusieurs rapports et envoyé des lettres à des pays du monde entier pour traiter des technologies numériques et de l'inégalité raciale, de la liberté d'expression pendant la pandémie, des assassinats délibérés par les drones, du droit de réunion et d'association à l'ère numérique.

Pour eux, l'écart entre les engagements et la pratique devrait être encore plus examiné à l'approche du 75ème anniversaire des Nations Unies.

Les six experts sont : M. Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d'association pacifiques ; Mme E. Tendayi Achiume, Rapporteure spéciale sur les formes contemporaines de racisme ; Mme Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; M. David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'expression ; Mme Mary Lawlor, Rapporteure spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme ; Mme Fionnuala D. Ní Aoláin, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste

Note

Les rapporteurs spéciaux, les experts indépendants et les groupes de travail font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations spécifiques à des pays, soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.

 

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