Multilatéralisme : l’ONU appelle à repenser la coopération internationale

17 juillet 2020

Lors du Forum politique de haut-niveau sur le développement durable, plusieurs responsables de l’ONU ont appelé à renforcer le multilatéralisme, quitte à changer sa façon de fonctionner dans un souci d’efficacité.

Crises sanitaire et économique aigues, risques de bond en arrière en matière de d’éradication de la pauvreté, d’égalité des sexes et de sécurité alimentaire, à l’heure du coronavirus et en cette année du 75e anniversaire de l’ONU, « le monde connaît une calamité croissante », a déploré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres

La pandémie de Covid-19 a révélé et exacerbé les vulnérabilités et les inégalités au sein des pays et entre eux. Elle a également de nouveau confirmé que les systèmes dont ils dépendent - alimentation, commerce, santé, climat - sont non seulement de plus en plus interdépendants, mais de plus en plus fragiles.

La veille, la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, avait rappelé aux Etats qu’ils n’étaient pas sur la bonne voie pour atteindre les 17 Objectifs de développement durable (ODD) qu’ils se sont fixés d’ici 2030 bien avant que la Covid-19 ne frappe le monde. « Et compte tenu des effets de la crise, la route à parcourir est désormais encore plus raide », a prévenu Mme Mohammed.

« Alors que nous nous efforçons de réagir et de récupérer, nous devons réexaminer de nombreuses hypothèses de longue date et reconsidérer les approches qui nous ont égarés », a reconnu M. Guterres qui a également appelé à « repenser la manière dont les nations coopèrent ».

Pour un multilatéralisme renforcé et renouvelé

Pour le chef de l’ONU, le coronavirus a souligné la nécessité d'un multilatéralisme renforcé et renouvelé.

« Un multilatéralisme fondé sur les puissants idéaux et objectifs inscrits dans la Charte (des Nations Unies) et dans les accords définis au fil des décennies », a-t-il rappelé et « reposant sur la confiance, fondé sur le droit international et axé sur les objectifs primordiaux de la paix et de la sécurité, des droits de l'homme et du développement durable ».

Le Secrétaire général souligne que la communauté internationale doit recourir à un « multilatéralisme en réseau », dans lequel l'ONU et les entités de son système, les institutions financières internationales, les organisations régionales et autres collaborent plus efficacement avec des liens institutionnels plus solides.

Soixante-quinze ans après la création de l’ONU, M. Guterres estime que les relations internationales ne sont pas l’apanage des Etats. « Nous avons besoin d'un multilatéralisme inclusif, s'appuyant sur les contributions essentielles de la société civile, des entreprises, des fondations, de la communauté des chercheurs, des autorités locales, des villes et des gouvernements régionaux », a-t-il précisé.

La participation de tous ces acteurs clés de la communauté internationale contribuera à « un multilatéralisme efficace avec les mécanismes dont il a besoin pour faire fonctionner la gouvernance mondiale là où elle est nécessaire », a souligné le Secrétaire général.

Mais l’argent demeure le nerf de la guerre contre le coronavirus et de la bataille pour le développement durable, a rappelé Mme Mohammed. La Vice-Secrétaire générale de l’ONU a appelé les Etats à faire preuve de solidarité et de clairvoyance en ce qui concerne la question du financement des ODD. « En tant que communauté internationale, nous devons être à la hauteur de ce moment charnière », a-t-elle dit.

A la conclusion du Forum politique de haut-niveau sur le développement durable, la Présidente du Conseil économique et sociale des Nations Unies (ECOSOC), Mona Juul, a rappelé aux Etats que leurs efforts de relance post-Covid-19 doivent déboucher sur « un monde plus juste, inclusif et durable ».

Durant ce Forum, 47 pays se sont volontairement soumis à un examen de leurs activités en matière de réalisation des ODD. Un examen au cours duquel les Etats membres ont expliqué comment la crise de la Covid-19 a alourdi les obstacles auxquels ils étaient déjà confrontés dans l’éradication de la pauvreté, l’élimination des inégalités et la lutte contre le changement climatique.

« Cette réalité actuelle peut être décourageante. Mais c'est précisément le type de défi mondial pour lequel l'ONU a été fondée », a rappelé la Présidente de l’ECOSOC. « Même en ces temps troublés, le grand espoir dans le pouvoir de travailler ensemble demeure. C'est l'esprit même du multilatéralisme ».

 

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